Bruxelles vue du quartier Léopold en 1854

Jules Géruzet

 

Publications :

Claes, M.-Chr., J.B.A.A/I. JOBARD (1792-1861), visionnaire de nouveaux rapports entre l'art et l'industrie, acteur privilégié des mutations de l'image en Belgique au XIXe siècle, thèse de doctorat présentée pour l'obtention du grade de docteur en Philosophie et Lettres UCL, année académique 2006-2007.

 

Leenaerts, D., « Les représentations photographiques de Bruxelles au tournant des 19e et 20e siècles : de la documentation à l’expression artistique », Brussels Studies [En ligne], Collection générale, n° 57, mis en ligne le 05 mars 2012, consulté le 12 octobre 2017. URL : http://brussels.revues.org/1077 ; DOI : 10.4000/brussels.1077

Jules Géruzet

Photographe, imprimeur-lithographe et éditeur actif à Bruxelles, Jules Géruzet est né le 31 mars 1817 à Braine [Aisne, France], et est mort à Bruxelles le 4 décembre 1874.

Son père, Jean-Baptiste-Laurent Géruzet, aurait été traducteur de livres juridiques et scolaires.

Les premières traces connues de l’activité du fils remontent à 1839, lorsqu’il vend une « Description pratique et historique du Daguerréotype par Daguerre ». Au début de sa carrière professionnelle, Jules Géruzet est domicilié à Paris, 62 Rue de Montmartre, et ce, jusqu'à son mariage avec Fanny Bernays dans cette même ville le 30 janvier 1841. Tout en restant domicilié en France jusqu’en 1856, il exerce ses activités à Bruxelles, d’abord au n°6, rue des Éperonniers (1838 - 1839), ensuite au n°15, Longue rue de l’Écuyer (de 1841 à 1848), pour s’établir, de 1847 à 1865, successivement aux n° 27, 29 et 27 bis de la rue de l’Écuyer.

Au début des années 1840, il vend des statuettes et il réalise, dans son atelier au n°32 rue de l’Évêque, des moulages et ornements en plâtre (1844). Il fera don, en 1851, d’un buste en plâtre du Prince de Ligne à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. Établi comme libraire dans le centre de la Ville – il y est renseigné comme « Librairie des sciences médicales » en 1841 –, il vend des estampes qu’il édite lui-même ou qu’il ramène d’Angleterre et de France.

Il collabore avec des publications françaises. Pendant plusieurs années il diffuse l'édition originale, avec supplément belge, du journal « Le Charivari »,  le premier quotidien illustré satirique du monde, qui parut de 1832 à 1937 ;  bien que mineur dans le paysage de la presse parisienne (son tirage ne dépassera jamais les 3.000 exemplaires), « Le Charivari »,  quotidien républicain d’extrême gauche lors de sa fondation, éditait des auteurs et caricaturistes de renom (Nadar, Daumier, Gustave Doré, Cham, …). Sa ligne rédactionnelle satirique à vocation distractive oscilla au fil des ans (radicale, conservatrice, républicaine ou encore anticléricale) en maintenant un ton railleur et mordant : ses railleries lui valurent d’être poursuivi – pas moins d’une vingtaine de procès, de lourdes condamnations –, et même interdit sous Napoléon III.

Géruzet collabore également avec l'hebdomadaire parisien « L'illustration » ; pour cet hebdomadaire, il fait exécuter tous les dessins qui se rapportent à des œuvres produites en Belgique ; il contribue ainsi à populariser à l'étranger les œuvres d’artistes belges : c’est le cas de la statue de Vésale à Bruxelles par Joseph Geefs, de nombre de sites et monuments de Bruxelles (vues en perspective des Galeries Saint-Hubert, etc …) ; il y diffuse également des gravures liées à l’actualité (funérailles de Louise-Marie, épouse de Léopold Ier).

Tout au long des années 1840 et 1850, Géruzet édite de nombreuses lithographies : vues de la place royale, de la Grand’Place, etc...

Il édite des albums de lithographies à l’occasion d’évènements ; outre les funérailles de Louise-Marie, 1ère reine des Belges, en 1850, qui font l’objet d’un album de 10 planches in-folio, ou le mariage du futur Léopold II en 1853, on lui doit, à l’occasion d’un bal masqué donné en 1857 par celui qui était encore Duc de Brabant, un In-folio de 2 ffnch (titre lithographié et index) et 33 planches lithographiées d'après des photographies de Mayer&Pierson, coloriées à la main.

Il édite également « La Belgique industrielle – Vues des établissements industriels de la Belgique », 2 volumes in-folio, contenant 200 planches en plusieurs teintes, qui paraissent de 1852 à 1854 et auxquelles travaillent six dessinateurs-lithographes : Adrien Canelle, Claessens, G. Gerlier, Edwin Toovey, Guillaume Van der Hecht, et Antoine Voncken. Ces lithographies sont tirées sur les presses de Simonau et Toovey. Il s'agit de vues des bâtiments et complexes industriels importants du pays. L’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique possède un exemplaire de cet ouvrage.

À l’approche de la quarantaine, Jules Géruzet se lance dans la photographie (1856), domaine en plein essor dans lequel il se fait rapidement un nom. Il vend les photographies des autres et … les siennes : en 1863, il photographie le comité central du Congrès catholique de Malines, et en 1864, le ballon « Le Géant » de Nadar [1] lors de son ascension à Bruxelles, au Jardin Botanique.

Ses deux fils aînés, Albert (1842-1890) et Alfred (1845-1903), deviendront photographes à leur tour. Actifs de 1866 à 1908, ils occuperont une place de choix parmi les photographes professionnels en activité à Bruxelles à la fin du 19e siècle, dont il faut rappeler que l’activité était principalement dévolue au portrait, et jouent un rôle clé dans le champ de la photographie en Belgique.

Après la mort d'Alfred Géruzet, les activités de l'atelier furent reprises par Eugène Boute vers 1902.

 

[1] Nadar (alias Félix Tournachon), avait plus d’une corde à son arc : surtout connu comme photographe, il fut également écrivain prolifique dans des genres aussi variés que le roman, la nouvelle, le poème en prose, la brève de comptoir, le témoignage, la plaidoirie ou (sa spécialité) le portrait littéraire ; mais aussi caricaturiste, et … aéronaute : très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons. C’est ainsi qu’il expérimenta la photographie embarquée dans un ballon et devint en 1858 le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre.

 

Bruxelles vue du quartier Léopold

Inscription en bas au centre : « 30 août 1854. Bruxelles – Dédié à Monsieur Charles De Brouckère, Bourgmestre »

Créateur : Géruzet, Jules (lithographe)

Date : 1854

Matériau : papier

Technique : lithographie

Dimensions :

Hauteur : 42 cm

Largeur : 71.5 cm

Inv ARB  : 36

Photographie : Torsin, Jean-Louis, I.R.P.A. Cliché n° KM2406