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Statue d'Adolphe Quetelet

Charles-Auguste Fraikin

Adolphe Quetelet

(Gand 1796 – Bruxelles 1874)

 Mathématicien – Naturaliste – Météorologue - Astronome – Statisticien.

 

« Le poids idéal d’un être humain n’est pas une question de mode mais de mathématique !

Adolphe Quetelet doit une bonne part de sa notoriété à l’invention de cette méthode de calcul du poids idéal d’une personne en fonction de sa taille : l’IMC est toujours utilisé aujourd'hui.

Mais ce n’est guère le seul fait d’armes de ce Belge aux réalisations multiples. »    http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/organisation/statbel/quetelet

Quetelet est en effet un scientifique polyvalent de génie : mathématicien, astronome, naturaliste et statisticien, précurseur de l'étude démographique et fondateur de l'Observatoire royal de Belgique.

Lambert-Adolphe-Jacques Quetelet naît à Gand le 22 février 1796. Le 1er octobre précédent, les provinces belges, soumises depuis 1713 à l'autorité de l'Autriche, ont été incorporées à la République française, et elles le resteront jusqu'en 1814. Les années de formation de Quetelet correspondent à cette période d'influence française, et l'on en retrouvera l'écho dans son œuvre. La Belgique est ensuite rattachée au royaume des Pays-Bas jusqu'en 1830 et n'acquiert son indépendance qu'en 1832. Les premières publications de Quetelet sur les sciences sociales datent de 1831, sa première œuvre majeure de 1835. La maturation de sa pensée est parallèle aux étapes de l'accession de la Belgique à l'indépendance.

Fils d’un fonctionnaire communal aisé, Adolphe Quetelet étudie au lycée de sa ville natale et devient professeur de mathématiques. A la création de l’Université de Gand en 1817, il entame des études de mathématiques et défend sa première thèse de doctorat en 1819. Il se marie 5 ans plus tard et devient père de deux enfants.

Ses travaux en mathématiques lui ouvrent les portes de l’Académie royale de Bruxelles : il est élu membre de la Classe des Sciences le 1er février 1820. Il devient Directeur de l’Académie de 1831 à 1832, et Président de 1832 à 1834. Élu Secrétaire perpétuel de l’Académie en 1834, il occupera le poste de 1835 à sa mort en 1874 ; il sera, aussi, élu membre des deux autres Classes (Lettres et Beaux-Arts) le 1er décembre 1845.

S’il est poète à ses heures, et membre de sociétés littéraires, sa contribution essentielle est d’ordre scientifique.

Il enseigne d’abord les mathématiques et donne des cours publics consacrés à la physique expérimentale, à l’astronomie, aux calculs des probabilités, aux calculs différentiel et intégral, et à la géométrie analytique supérieure. Pour beaucoup de ses élèves, ces leçons ouvriront les portes de l’université. Avec son ami Dandelin, il publie en 1822 ce que l’on a appelé les "théorèmes belges" sur les coniques.

En 1825, il cofonde la première revue scientifique des Pays-Bas de l’époque. La Correspondance mathématique et physique favorise l’échange d’informations scientifiques entre savants et garantit la publication rapide des résultats de recherches ; elle acquiert rapidement une renommée internationale.

Directeur de l’Observatoire royal

Son intérêt et ses dispositions pour les sciences l’amènent à s’intéresser à l’astronomie : il s’y initie à Paris et visite ensuite les grands observatoires d’Angleterre et d’Allemagne ; son but : convaincre Guillaume Ier des Pays-Bas de créer un observatoire dans les Pays-Bas méridionaux. C’est chose faite en 1826. Il en sera le premier directeur en 1832. Il se consacre alors à la météorologie et à la physique du globe. Par la découverte du retour périodique des Perséides, il apporte une contribution importante à l’astronomie. En 1853, il participe à la Première conférence maritime internationale à Bruxelles visant à favoriser les échanges de données météorologiques. Cette coopération débouche sur l’Organisation météorologique internationale en 1873.

Fondateur de la statistique moderne

Dans l'histoire des sciences sociales, sa place est fondamentale. Il est « le premier, en effet, à avoir entrepris la réalisation du programme tracé par Condorcet et Laplace : l'application du calcul des probabilités à l'étude de l'univers social. Il lui revient, également, d'avoir mis au point des procédures qui annoncent certaines des exploitations actuelles du raisonnement quasi expérimental. Il a joué un rôle éminent sur la scène internationale en coordonnant et en standardisant la collecte et le traitement des données statistiques. On comprend qu'un autre scientifique belge de renom, l'historien des sciences G. Sarton, ait en 1935 considéré Quetelet, et non Auguste Comte, comme le véritable « fondateur de la sociologie ». https://www.universalis.fr/encyclopedie/adolphe-quetelet   

Le travail à l’Observatoire royal stimule l’intérêt de Quetelet pour la statistique. Par la méthode des rapprochements et des comparaisons, en représentant les résultats par des courbes et des formules mathématiques, Quetelet fonde les bases de la statistique moderne. Son plus grand apport dans ce domaine sera d'avoir introduit le calcul des probabilités dans l'étude des statistiques.

Il acquiert rapidement une grande compétence en la matière. Chargé par le gouvernement belge d'assister à la réunion de l'Association britannique pour l'Avancement des Sciences (1832), il participe à la mise sur pied de la Royal Statistical Society de Londres et de la Section statistique de la British Association for the Advencement of Science. Membre de la Royal Society (1839), il devient également le premier membre étranger de l'American Statistical Association.

Sous son impulsion est créé le premier bureau statistique gouvernemental au monde: la Commission Centrale de Statistique (1841). Quetelet en sera le premier président. Cinq ans plus tard, il organise le premier recensement belge à caractère scientifique, qui, outre le dénombrement des habitants, comporte tout un volet relatif à l’agriculture et à l’industrie.

Lors de la première exposition universelle à Londres (1851), Quetelet lance l’idée d’un congrès international de statistique. Particulièrement impliqué dans la création d'une coopération internationale entre statisticiens, il veut standardiser les méthodes de récolte et de traitement des données et favoriser la diffusion des résultats. Le premier congrès international de statistique organisé à son instigation (1853) réunit en Belgique deux cents trente-sept savants provenant de vingt-six États différents. Quetelet y définit les objectifs qui marqueront les congrès jusqu'à la fondation de l’Institut international de statistique en 1885.

Père de la ‘physique sociale’ et de ‘l’homme moyen’

Adolphe Quetelet peut être considéré comme un personnage clé du mouvement statistico-sociologique en criminologie.

Il étudie l’homme à partir de ses comportements et part du principe que les effets sont proportionnels aux causes. Pour y parvenir, il utilise les concepts et les méthodes de la physique et utilise le terme de ‘physique sociale’ pour désigner sa science. Elle est basée sur l’idée de ‘l’homme moyen’.

L’homme moyen’ est le représentant du système social. Si l’on représente le terme ‘homme moyen’ par une courbe en U, la majorité des individus de la population se trouve au centre. Ces personnes représentent l’homme moyen. A chacune des extrémités de cette courbe se trouvent, selon Quetelet, les quelques personnes ayant une propension très faible ou très élevée au crime.

Quetelet estime que la criminalité est influencée par de nombreux facteurs de nature diverse (degré de scolarisation, prospérité, âge et sexe). Mais, selon lui, ce n’est pas la pauvreté qui mène au crime mais bien le déséquilibre entre les possibilités matérielles et les besoins ou aspirations.

La théorie de Quetelet sur la criminologie souscrit à l’avis que l'environnement social influence le comportement criminel. Il préconise une approche plutôt ‘techno-préventive’ : par exemple, modifier le mode de fabrication des billets de banque est bien plus efficace pour éviter la contrefaçon que la menace que représente la peine de mort.

L’indice de Quetelet ou Body Mass Index

Parmi l'impressionnant héritage d'Adolphe Quetelet, il est un outil utilisé quotidiennement en pratique médicale : l'indice de Quetelet ou Body Mass Index (BMI).  Appliquant les méthodes statistiques à l'anthropométrie, Quetelet a mis au point un indice permettant d'évaluer le poids idéal d’une personne : il s’obtient en divisant le poids (en kilogrammes) par le carré de la taille (en mètres).  

Pionnier de la science en Belgique

Sur le plan scientifique, Quetelet joue un rôle moteur dans la jeune Belgique. Il est en outre un des premiers scientifiques à publier plusieurs travaux de vulgarisation à destination du grand public.

En 1856, les conséquences d’une crise d’apoplexie le contraignent à abandonner ses activités à l’Observatoire royal de Belgique. Il poursuit toutefois ses autres fonctions (Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Belgique, président de la Commission centrale de Statistique, professeur à l’École royale militaire) et continue de présider des congrès internationaux.

Dans le même temps, il synthétise ses anciennes recherches tout en y faisant des ajouts pertinents. Il publie ainsi «Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les Belges» (1864), «Météorologie de la Belgique, comparée à celle du Globe» (1867), la deuxième édition (1869) de sa «Physique sociale » publiée en 1835, ainsi que la réédition de ses principaux ouvrages statistiques.

Adolphe Quetelet meurt à Bruxelles le 17 février 1874.

Cette notice est inspirée essentiellement des informations à lire sur le portail du site du SPF Économie (Statistiques)    http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/organisation/statbel/quetelet

   

 

 

Annuaire : Notice par Édouard Mailly ; portrait gravé par Joseph Demannez, 1875, p. 109. Errata, p. 370. 

Biographie nationale : Notice par Émile Waxweiler, t. XVIII, col. 477. 

Florilège des Sciences en Belgique, 1968 : Notice par Paul Brien, d’après Mailly, p. 43. 

Cent cinquante ans de vie artistique, 1980, p. 312. 

Mémorial Adolphe Quetelet : publié à l’occasion du centième anniversaire de sa mort, nos 1 à 4 (1974-1977). 

Bulletins : Discours prononcés à ses funérailles par Nicaise De Keyser, Édouard Mailly, Putzeys, le baron Kervyn de Lettenhove, le Dr Tallois et Jean-Baptiste Liagre, 2e série, t. XXXVII-1874, pp. 248, 251, 258, 261, 262 et 264. Inauguration de la statue d’Adolphe Quetelet. Discours par Louis Gallait, Jean-Baptiste Liagre, Jean-Charles Houzeau et Charles Faider, 2e série, t. XLIX-1880, p. 506. 
Bulletin Sciences : Quetelet et Van Mons, par Albert Bruylants, 1974, p. 1385. 
Bulletin Lettres : Adolphe Quetelet et le prince Albert de Saxe-Cobourg, 1836-1861, par Ernest Gossart, 1919, p. 211. Centenaire de la Physique sociale de Quetelet, par Armand Julin 1935, p. 70. Histoire de la Correspondance mathématique et physique d’après les lettres de Jean-Guillaume Garnier et Adolphe Quetelet, par Hossam Elkhadem ; portrait de Quetelet vers 1835, attribué à F.-J. Navez ou à J.-B. Madou, 1978, p. 316. Une École Quetelet ? Le problème des contributions des disciples belges de Quetelet à la formation d’une discipline statistique moderne, par Robert A. Horvath, 1981, p. 314. The letters between Adolphe Quetelet and William Farr, 1852-1874, par Fred Lewes, 1983, p. 417. 
Bulletin Beaux-Arts : Adolphe Quetelet et les Beaux-Arts, par Germaine Faider-Feytmans, 1974, p. 190. Madou et Quetelet, par Philippe Roberts-Jones, 1974, p. 20. 
Mémoires Sciences : coll. 8°. L’inventaire de la Correspondance d’Adolphe Quetelet déposée à l’Académie royale de Belgique, par L. Wellens-De Donder, 2e série, t. XXXVII, fasc. 2. Actualité et universalité de la pensée scientifique d’Adolphe Quetelet. Actes du colloque Quetelet, 24-25 novembre 1996, 3e série, t. XIII. 
Mémoires Lettres, coll. 8° : Adolphe Quetelet. Physique sociale ou Essai sur le développement des facultés de l’homme (1869). Réédition annotée, par Éric Vilquin et Jean-Paul Sanderson, 3e série, t. XV. 
Notices biographiques..., éd. 1874, p. 93. 

Marchal, E., La sculpture et les chefs d'œuvre de l'orfèvrerie belges, Bruxelles, 1895, 411.

Catalogue de l'exposition La sculpture belge au 19e siècle, Bruxelles, Générale de Banque, 1990, II, p. 278.

Van Lennep, J., Catalogue de la sculpture. Artistes nés entre 1750 et 1882. Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1992, p. 178.

Portail du site du SPF Économie (Statistiques)    http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/organisation/statbel/quetelet

Charles-Auguste Fraikin

Sculpteur statuaire néo-classique belge, né à Herentals le 14 juin 1817 et mort à Schaerbeek, le 22 novembre 1893.

(Dessin anonyme – Westermanns Monatshefte, Jahrbuch 08 (1860), S. 554).

 

Cadet de neuf enfants, Charles-Auguste Fraikin montre très tôt des dispositions artistiques. Son père, notaire et secrétaire communal, encourage ses dispositions et l’envoie à 12 ans chez un parent à Anvers, afin qu’il puisse y suivre les cours de dessin de l'Académie.

Après le décès accidentel et prématuré de son père, il quitte définitivement sa ville natale pour Bruxelles, par une froide journée de janvier 1833, avec en poche trois florins hérités de son père. Pour gagner sa vie, il travaille comme apprenti dans les pharmacies. C’est ainsi qu’il entre dans l’officine d’Auguste-Donat De Hemptine, brillant chimiste et beau-frère du peintre François Navez. Navez, ancien élève de David, est un peintre très en vogue ; il est aussi directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles ; sur ses conseils, le jeune Fraikin y poursuit sa formation. Il se consacre dès lors à la sculpture.

Le succès lui sourit dès 1839 et en 1842, à peine âgé de 24 ans, il reçoit sa première commande officielle.

Lors de l'exposition nationale de Bruxelles de 1845, la reine Louise-Marie remarque son œuvre "L'Amour captif" et en parle au roi Léopold Ier. Désormais, les commandes officielles se succéderont et Fraikin sera toute sa vie honoré de la bienveillance des monarques belges. En 1850, la Grande Duchesse Marie de Russie, directrice des beaux-arts, lui passe commande pour le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Élu membre de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale à 29 ans (le 8 janvier 1847), Fraikin sera Directeur de sa Classe en 1870 et en 1887. Il sera également le deuxième conservateur du département des sculptures du Musée des Beaux-Arts de Bruxelles (aujourd'hui Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique).

Il épouse en 1857 une jeune fille de la haute bourgeoisie de vingt ans sa cadette, Sophie Devis, avec laquelle il aura 4 enfants.

Il reçoit plusieurs prix lors d'expositions, à Bruxelles, Paris, Londres, Vienne, Philadelphie, Melbourne et Adelaïde.

Le 10 Avril 1890, Fraikin fait don de la plupart de ses modèles en plâtre restés dans son atelier, à la ville d’Herentals, à condition que cette collection soit toujours accessible au public et demeure dans un musée qui porte son nom. Le musée a été inauguré officiellement le 14 mai 1893 en présence de l'artiste. http://www.fraikin-genootschap.be

Les œuvres du statuaire sont présentes dans de nombreux musées, en Belgique et à l'étranger.

  • Plusieurs œuvres sont entrées dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique par le biais de commandes ou de dons de particuliers (https://www.fine-arts-museum.be/fr/la-collection/artist/fraikin-charles-auguste :  
    • deux bustes représentant le peintre Eugène Verboeckhoven (les deux versions en hermès, l’une en marbre datée de 1881 et la seconde en plâtre de 1882)
    • “l’Amour captif” (un autre exemplaire du groupe en marbre se trouve dans les collections du musée de l'Ermitage)
    • “le Triomphe de Bacchus”
    • “Psyché appelant l'amour à son secours”
    • une esquisse en terre crue de la statue en pierre d’Adolphe Quetelet, assis, statue visible dans le parc du Palais des Académies
    • ...
  • Statue du roi Léopold Ier (Chambre des représentants à Bruxelles)
  • Mausolée de la reine Louise-Marie (église Saints-Pierre-et-Paul à Ostende)
  • Personnification de Bruxella (1848), statue en marbre ornant la fontaine due à l'architecte Joseph Poelaert (place Rouppe à Bruxelles)
  • Monument des comtes d'Egmont et de Hornes (place du Petit Sablon à Bruxelles), probablement son oeuvre la plus connue
  • un buste du peintre Louis Gallait, au Palais des Académies
  • ...

L’Institut Royal du Patrimoine artistique a photographié quantité d’oeuvres, essentiellement en marbre, qui rendent compte de la variété des sujets sculptés par l’artiste. 

Annuaire : Notice par le chevalier Edmond Marchal ; portrait gravé par Louis Greuze, 1900, p. 381.

Nouvelle Biographie nationale : Notice par Sibylle Valcke, t. 3, p. 173. Cent cinquante ans de vie artistique, 1980, p. 108.

Bulletins : Discours prononcé à ses funérailles, par le chevalier Edmond Marchal, 3e série, t. XXVI-1893, p. 696.

Notices biographiques..., éd. 1886, p. 521.

Statue,

Pierre

Photo Luc Schrobiltgen