Buste d'Adolphe Mathieu

Auguste Braekevelt

Adolphe Mathieu

(Mons 1804 – Bruxelles 1876)

Écrivain

 

Né dans la ville de Mons, alors sous domination française, le 22 juin 1804 (le 3 messidor an XII de la République une et indivisible), l’écrivain Adolphe Mathieu grandit au sein d’une famille bourgeoise (son père était avocat et notaire), fils demeuré unique d’une fratrie de trois enfants. 

Doté très tôt d’une plume alerte ainsi que d’un esprit d’observation caustique et mordant, il moque la vanité et la bêtise de certains professeurs et autre principal de l’athénée de Namur où il achève sa rhéto (nous sommes en août 1822), dans un écrit plein de verve et d’ironie, où se manifestent ses dons précoces pour la satire. Si ses premiers « exploits » ne portent guère à conséquence, l’écrit suivant va lui attirer quelques ennuis. Quelques mois plus tard en effet, il publie une ode sur la mort de son grand-oncle maternel, ancien député à la Convention nationale, exilé de France depuis 1815 pour avoir voté la mort du roi Louis XVI. Doté d'un lyrisme hors de proportion avec la simplicité du personnage dont il chante les vertus, cet éloge d'un ancien républicain lui vaut d’être cité devant la cour d'assises du Brabant. Dans un premier temps, il simule un départ pour l'étranger et se voit condamné, par contumace, à un an de prison. Il finit par se constituer prisonnier, comparaît devant la même cour, et voit sa peine réduite à une amende de 200 florins.

Il commence à l’Université de Louvain des études de droit qu’il achèvera à Gand.

Une grande partie de son temps sera consacrée à l’écriture de poèmes, de récits historiques, de satires, d’articles qui paraîtront dans divers journaux montois. Publiciste, il a un esprit caustique et la rime facile, ce que nombre de ses adversaires apprennent à leurs dépens. Mais ce redoutable satiriste et polémiste infatigable est tout autant capable d’exprimer rêverie et sentiment avec naturel, dans une langue sans emphase ni vulgarité. Il publie de nombreuses pièces en vers. Très attaché à sa région, il célèbre dans « le Mont Panisel », la beauté des alentours de Mons, et il décrit avec verve, dans le chant satirique « le Lumçon », les péripéties de la fameuse fête montoise donnée chaque année en souvenir de certain combat de Gilles de Chin contre un dragon.

Nommé bibliothécaire de la ville de Mons en 1840, il perd son emploi en 1844 à la suite d’un différend avec l’autorité communale dont il ne partage pas les options politiques. Deux ans plus tard, on le retrouve inscrit à l’Association libérale de Mons qui vient de se créer.

Le 4 août 1849, il est nommé professeur à l’Université de Liège, titre dont il n’usera pas.

Tout occupé de polémiques ardentes et de questions personnelles, il ne cesse d'écrire et de produire, essentiellement dans les journaux, une quantité de fragments qui contribuent à former la Biographie montoise, publiée à Mons, chez Hoyois (en 1848).

En 1852, il quitte sa ville natale, où le moins que l’on puisse dire est qu’il ne s’y est pas fait que des amis, et vient s’établir à Bruxelles. Suite à l’intervention de Charles Rogier, il devient adjoint au conservateur de la section des manuscrits à la Bibliothèque royale. Cinq ans plus tard il en est conservateur, puis conservateur en chef en 1864. Aucune position ne s'accordera mieux avec les goûts de Mathieu que celle de bibliothécaire. Il aime les livres avec vénération et en possède lui-même une belle collection. Il occupe son poste jusqu’à sa mise à la retraite en 1873.
S’il s'est quelquefois laissé emporter à des excès de plume qu'on lui a rudement reprochés et qui lui ont attiré beaucoup d'inimitiés, l’écrivain a de grandes qualités : généreux, gai, spirituel, il est doté d'un esprit ouvert et sympathique, et très attaché au progrès et à son pays. C’est ainsi qu’il a adressé au roi Leopold 1er un appel en faveur de l'abolition de la peine de mort, en empruntant le nom de Victor Hugo[1].

Entré dans de nombreuses sociétés savantes – la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, la Société des Bibliophiles belges séant à Mons, etc… –, il devient en 1850 correspondant de la Classe des lettres de l’Académie royale des Lettres, des Sciences et des Beaux - Arts de Belgique, et membre effectif de sa classe en 1863.

Il meurt le 13 juin 1876 à Ixelles (rue Mercelis, n° 12), localité dont il a été conseiller communal de 1860 à 1872.

 

[1] Adolphe Mathieu avait usurpé l’identité de Victor Hugo pour publier quelques vers adressés au roi Léopold Ier en vue d’obtenir la grâce de neuf condamnés à mort, fait qu’a rappelé une exposition consacrée à l’écrivain français à l’Artothèque de Mons du 22 avril au 12 novembre 2017. Victor Hugo a fait escale à Mons en 1837, au cours d’un long périple en Belgique. Il a croqué, à l’époque, plusieurs vues des villes qu’il a visitées, dont la ville de Mons. L’exposition met en lumière les liens entre l’écrivain français et quelques personnalités montoises. http://www.mons.be/culture/exposition-sur-les-pas-de-victor-hugo-a-mons

 

Archives de l'Académie royale de Belgique :

15130 : Lettre du ministre de l'intérieur au Secrétaire perpétuel, 8 avril 1890. Le modèle du buste a été déposé à l'Académie.

 

Publications :

Bulletin, XVII, p. 115 (séance du 7 juillet 1889) - XIX, p. 479 (séance du 14 avril 1890).

Catalogue de l'exposition La sculpture belge au 19e siècle, Bruxelles, Générale de Banque, 1990, II, p. 309.

Annuaire : Notice par Alphonse Wauters ; portrait gravé par François De Meersman, 1880, p. 217.
Biographie nationale : Notice par Alphonse Wauters, t. XIV, col. 33. 
Bulletins
 : Discours prononcé à ses funérailles, par Alphonse Wauters, 2e série, t. XLIII-1876, p. 186.
Notices biographiques..., éd. 1874, p. 202. 
Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, 1993, p. 242-243.

WAUTERS, A., Un poète du dix-neuvième siècle. Notice biographique sur Adolphe Mathieu, Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, 5e série, t. 3, 1891, pp. 1-137. Biographie montoise, Mons, E. Hoyois, 1848.

Une lettre de Victor Hugo au poète montois Adolphe Mathieu (1840) in : "Le Livre & l'Estampe", n° 146, 1996, p.69- http://www.aml-cfwb.be/catalogues/general/titres/59527 (in Archives & Musée de la Littérature »)

Auguste Braekevelt

Le peintre, sculpteur et statuaire Auguste Braekevelt est né à Tielt le 2 octobre 1832 et décédé à Bruxelles le 21 avril 1908. Il fut professeur à l’Académie de Molenbeek Saint Jean de 1887 à 1908 et réalisa plusieurs œuvres qui ornent les façades de monuments bruxellois connus.

Il participa à la décoration extérieure du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, bâtiment de style néo-renaissance édifié entre 1872 et 1876 ; il est l’auteur des cariatides, du buste du compositeur Giovanni Pierluigi da Palestrina et des génies qui ornent le fronton de l’aile centrale du bâtiment.

Deux statues de sa main ornent également les murs de l'Hôtel de Ville de Bruxelles (Charles Van den Tympel et Antoine Van Oss, seigneur d'Heembeke).

L’Académie lui doit, outre le buste d’Adolphe Mathieu, le bas-relief « La Médecine » sur la façade du Palais des Académies.

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique détiennent un buste en bronze de sa main, à l’effigie de Michel Van Der Voort, un sculpteur du XVIIe siècle ; ce buste – une commande – fut exposé au salon d’Anvers en 1882, et entra dans les collections des musées un an plus tard, en 1883 (inv. 2921).

 

 

Buste, marbre

H 67 - L 57,5 - P 38

Signature sur le côté à droite : A. Braekevelt (A et B accolés)

Inv. ARB 5.

État (1889), inv. 845.

 

Photo Luc Schrobiltgen