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Tête de Paul Hymans

Armand Bonnetain

Paul Hymans

(Ixelles 1965 – Nice 1941)

Homme d'État.

 

Né à Ixelles, le 23 mars 1865, Paul Hymans assuma dès 1904 divers portefeuilles ministériels : les Affaires étrangères pendant de très longues années, mais aussi la Justice et les Affaires économiques, dans une Belgique profondément secouée tant par les prémices de la Première Guerre mondiale et ses conséquences, que par la reconstruction du pays et de l'esprit public après le conflit.

Il fut Premier Plénipotentiaire à la Conférence de la Paix pour la négociation du Traité de Versailles et la rédaction du Pacte de la Société des Nations. C’était, au début du XXe siècle, la première tentative de fonder une organisation internationale permanente apte à trouver des solutions pacifiques aux conflits entre États, par le biais de l'arbitrage et de la mise en place de sanctions collectives contre les nations qui outrepassaient leurs droits. Paul Hymans en fut le Premier Président. Même si elle s'est rapidement avérée incapable de mener une politique crédible de sanctions, la S.D.N. reste néanmoins le précédent, sinon le modèle, de l'Organisation des Nations unies, fondée en 1945.

Son expérience nationale et internationale est une des plus originales de son temps.

 « Député pendant quarante ans, avocat, journaliste, diplomate incisif, négociateur redoutable, historien, pédagogue, orateur brillant, essayiste lucide, Paul Hymans fut militant pour la liberté et la solidarité, l'instruction obligatoire, le suffrage universel, la séparation de l'Église et de l'État, pour la culture et le progrès social […] Ce libéral de gauche fut en effet aussi  journaliste, chroniqueur, critique, conférencier, préfacier, essayiste, biographe, historien, orateur » » (Paul-F Smets). Les sujets qu’il aborda dans ses écrits sont multiples : cléricalisme, libéralisme de progrès et de solidarité, libre examen et liberté de conscience, démocratie et crise du mécanisme parlementaire, droits de l'homme, rôle de la jeunesse, patrimoine intellectuel, Union Européenne. Ils manifestent l’étendue du champ de sa pensée et révèlent un homme de culture vrai et sensible.

Élu correspondant (Classe des Lettres) le 1er décembre 1919 et membre le 6 décembre 1920, il fut Président de l’Académie et directeur de sa Classe en 1937.

Professeur à l’Université libre de Bruxelles, il fut Président de son Conseil d'administration de 1934 à 1940.

Pau Hymans est mort à Nice (France), le 8 mars 1941.

 

Publication :
Annuaire : Notice sur Paul Hymans par Fernand Vanlangenhove ; portrait photographique, 1971, p. 3.
Biographie nationale : Notice sur Paul Hymans par Robert Fenaux, t. XXIX, col. 712.
Bulletin Lettres : Discours de Marcel Barzin à l’occasion de la remise du buste de Paul Hymans à l’Académie, 1955, p. 301.

Van den Ven P., Une contribution importante à l’histoire de Belgique : les mémoires de P. Hymans, 1959, p. 322.

Smets P.-F., Paul Hymans 1865-1941. Un authentique homme d'état. Bruxelles, Racine, 2015 

Smets P.-F., Paul Hymans, un intellectuel en politique. La plume et la voix. Bruxelles, Racine, 2016


Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, 1993, p. 236-237.
Nouvelle Biographie nationale : Notice sur Armand Bonnetain par François de Callataÿ, t. IX, p. 56. 
Cent cinquante ans de vie artistique, 1980, p. 96. 
Bulletin Beaux-Arts : Hommage à Armand Bonnetain, par Pierre Poirier, 1973, p. 27.

Concert-Exposition (mars 1978), 1978, p. 91.

Delforge P., Lieux de mémoire. Parc Louise-Marie, 5000 Namur. Mémorial Félicien Rops, 17 septembre 1933. Publié sur le site « connaître la Wallonie » le 30 mars 2017.

150 ans d’art belge dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 1980, p. 72-73

Armand Bonnetain

Armand Bonnetain, médailleur-statuaire, est né à Bruxelles, le 24 juin 1883, et décédé à Uccle, le 24 janvier 1973.

Élève de Constant Montald, il est d’abord attiré par la peinture avant d’être happé par la sculpture et, surtout, par l’art de la médaille, qu’il découvre en suivant les cours de sculpture de Charles Van der Stappen à l’Académie de Bruxelles.

Contemporain d’Anto Carte, Paul Delvaux, René Magritte et Edgar Tytgat, Pierre Theunis et Marcel Rau, Armand Bonnetain est conquis par le genre de la médaille : elle n’est pas à ses yeux un dérivatif mineur de la grande statuaire, mais un choix pleinement assumé.

Cet artiste qui affirmait « je connais mes limites », une formule élégante qui, signifie tout aussi bien « Je sais où réside ma force » (François de Callataÿ), s’impose par un style large et aisé, à la fois puissant et délicat, où entre une grande part de psychologie. Il est un des grands maîtres de cet art en Belgique.  « Une grande originalité d'Armand Bonnetain est d'avoir beaucoup recouru […], et presque systématiquement lors de ses premières années (1908-1911), au procédé de la fonte à cire perdue. Il aimait à répéter qu'« une médaille frappée à la machine était une médaille frappée de mort » et il s'était assuré de pouvoir réaliser les fontes chez lui, dans son atelier. […] Bonnetain s’inscrivit comme l’héritier de la tradition renaissante du portrait en médaille, qui fait correspondre au portrait physique du droit celui moral du revers » (François de Callataÿ).

Du portrait de l’épouse de Van der Stappen, en 1902, à la représentation du compositeur Léopold Samuel, sa dernière réalisation en 1968, Bonnetain signe près de trois centaines de médailles, ainsi que des bas-reliefs, parfois de grande taille.

Les collections des Musées des Beaux-Arts de Belgique comptent une vingtaine d’œuvres de sa main, plaquettes et médailles à l’effigie e.a. de célébrités nationales : la reine Élisabeth, Edmond Picard, Jules Destrée, Émile Verhaeren, …

À Namur, dans le parc aménagé entre 1874 et 1880 et dédié à Louise-Marie d’Orléans, il réalise avec l’architecte Jules Lalière le mémorial Félicien Rops, inauguré le 17 septembre 1933. L’intégration du mémorial dans le parc Louise-Marie témoigne d’une créativité indéniable. L’œuvre parisienne de Rops est adaptée au site dans une réalisation à la fois simple et très originale : l’architecte y reproduit l’escalier imaginé, dessiné et réalisé par Rops lui-même dans son jardin de la Demi-Lune, à Essones, près de Paris. À l’arrière de cette maison qu’il habitait à la fin de sa vie, Rops, aidé de ses deux jardiniers, utilisa les pierres ramassées sur place pour construire l’escalier qui relie deux des terrasses de ce jardin garni de roses, qui dévale de la route de Fontainebleau vers la Seine. Dans le cadre arboré du parc de Namur, l’escalier à double révolution encadre la muraille où le médaillon en bronze de Bonnetain, qui présente le profil droit de Félicien Rops, est enchâssé dans une large plaque de marbre où se lit la dédicace : 1833-1898, Félicien Rops.

Armand Bonnetain ne réalisa des bustes qu’exceptionnellement, et pour ses amis. On lui doit en qualité de statuaire, diverses représentations de Jules Destrée, l’homme politique wallon dont il était un ami proche.

Armand Bonnetain a été élu membre de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (Classe des Beaux-Arts) en 1945. 

Plusieurs de ses oeuvres sont visibles dans les bâtiments et le jardin du Palais des Académies : tête en pierre de Jules Destrée, tête en bronze de Paul Hymans, buste d’Eugène Baie, médailles etc...   

C’est ainsi que la tête en bronze au visage expressif de l’homme politique Paul Hymans, datée de 1933, est remise à l’Académie en 1955.

 

Buste,

bronze,

H 42, 5 - L 25,5 - P 29

Signature et date sur la tranche de l'épaule gauche : A. Bonnetain / 1933

Inv. ARB 2.

C’est en 1955 que la tête en bronze au visage expressif de l’homme politique Paul Hymans, datée de 1933, est remise à l’Académie dont Armand Bonnetain a été élu membre (Classe des Beaux-Arts) en 1945.

État (1955) inv. 7527.

Photo L. Scrobiltgen