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Buste d'Antoine Spring

Constant Albert Desenfans

 

Antoine Frédéric Spring

08/04/1814 - 17/01/1872

Médecin, botaniste, physiologiste, clinicien, chercheur et enseignant, Anton Friedrich Josef Spring est né en Bavière à Geroldsbach, le 8 avril 1814. Naturalisé belge en 1864, il est décédé à Liège le 17 janvier 1872.

 

Antoine Spring - Gravure
L

 

Le père d’Antoine Spring est instituteur ; il meurt alors que son fils n’a que trois ans. Dix ans plus tard, Anton Spring perd sa mère. Il est alors élevé par un grand-oncle chanoine qui prend soin de sa formation. Il fait ses humanités dans deux lycées d’Augsbourg, d’abord au gymnase Sainte-Anne et ensuite au gymnase Saint-Étienne.
Passionné de lettres anciennes et très doué pour la musique, il compose seul, à quatorze ans, une messe qui sera jouée à la cathédrale de cette même ville.

Il passe brillamment l’examen d’accès aux études supérieures et entre à l’Université de Munich où il se consacre à la physiologie et aux sciences naturelles. Il se passionne e. a. pour la botanique, qu’il étudie auprès de Carl von Martius[1], un célèbre botaniste et savant qui, après avoir parcouru le Brésil, édita une monumentale Flora Brasiliensis.

Spring remporte des prix lors de concours universitaires : en philosophie (1835), et en médecine (1836). En 1835 et 1836, il devient respectivement docteur en philosophie et en sciences naturelles, puis docteur en médecine, en chirurgie et en accouchement. En 1838, il passe l'examen d'État pour obtenir le droit d’exercer : à 24 ans il est désormais médecin généraliste (praktischer Arzt).

Il quitte alors Munich pour exercer la médecine, mais une épidémie de choléra l’y rappelle bientôt pour y renforcer le personnel sanitaire à l’Hôpital général de la Ville. Il y est nommé médecin-adjoint. Il devient également suppléant pour la chaire de clinique médicale de l’Université et reprend son poste d’aide naturaliste aux collections botaniques de l’État et au Jardin botanique.

En 1839, grâce à une bourse de son gouvernement, il séjourne 6 mois à Paris : il y visite les galeries du Louvre, les hôpitaux, suit les cours du Collège de France et participe à des travaux au Museum d’Histoire naturelle.

Le 5 octobre 1839, un arrêté royal, établi sur proposition du ministre belge de l’Intérieur Barthélémy-Théodore de Theux, le nomme professeur ordinaire du cours de physiologie humaine et comparée à l’Université de Liège. Il a 25 ans.

Il est également chargé de l’anatomie générale et descriptive, matières qui seront reprises par Theodor Schwann[1] en 1848.

A partir de 1855, Spring se charge de la chaire de pathologie générale et trois ans plus tard, il abandonne, à nouveau à Schwann, la chaire de physiologie pour reprendre le poste de titulaire de la seconde clinique après le départ à la retraite de Jacq-Joseph-Charles Frankinet. Il est élu recteur de l’Université de Liège de 1861 à 1864. 

Spring a laissé une empreinte marquante dans l’enseignement de la physiologie et de l’anatomie générale et descriptive : doué d’un sens aigu de l’observation et très strict dans l’emploi de la terminologie, il réforme complètement l’enseignement de la physiologie et de la clinique médicale.

Il participe activement à la réforme de l’enseignement supérieur médical en Belgique.

Convaincu qu’un enseignant est tenu de contribuer par ses propres travaux au progrès de la science, l’infatigable Spring réservera une partie importante de son temps à la recherche en science pure : botanique, zoologie, médecine clinique, paléontologie, anthropologie fossile, ….

En botanique, son œuvre reconnue par les spécialistes du monde entier, est sans conteste sa Monographie des Lycopodiaceae et des Selaginellaceae[1]. Pour la réalisation de ce travail, Spring visite de grands herbiers européens (Paris, Kew, Berlin, ...) ou se fait envoyer les exsiccata[2] de ces plantes, et les voyageurs-naturalistes de son temps ne manquent pas de lui soumettre leurs récoltes.

Outre ses recherches en botanique, en zoologie et dans les matières qu’il enseigne, il publie le résultat de ses observations et travaux de praticien sur la hernie du cerveau. Dans un ouvrage capital pour la médecine pratique, Symptomatologie ou traité des accidents morbides, il expose les symptômes, les causes et les remèdes de divers cas rencontrés durant sa carrière de praticien. Car le savant brillant, le professeur doué et attentif à ses élèves est, aussi, un praticien dévoué à ses patients et compétent.

Quant à son apport en paléontologie et en anthropologie fossile, outre ses publications sur le résultat de ses fouilles menées dans plusieurs grottes de la vallée de la Meuse à la recherche d'ossements humains, il est dû essentiellement à la reconstitution d’un crâne néanderthalien trouvé dans les grottes d’Engis par Philippe-Charles Schmerling, le premier anthropologue à découvrir et identifier des ossements humains comme étant les restes d'une espèce d’hommes préhistoriques disparue. 

Il publiera le résultat de ses travaux aussi nombreux que variés dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Belgique (1841 et 1848), dont il est, entre autres sociétés savantes d’Italie, de Suède, d’Allemagne ou de France, un membre très recherché.

Le 14 décembre 1841, Antoine Spring est correspondant régnicole de l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles (dénomination de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique entre 1816 et 1938). Il devient associé de la Classe des Sciences le 1er décembre 1845. Naturalisé belge en 1864, il est élu membre de l’institution le 15 décembre de la même année.

Il est élu directeur de la Classe des Sciences en 1868.

Antoine Spring meurt brutalement de pneumonie à 57 ans, le 17 janvier 1872.


[1] Son herbier, contenant de nombreux types de plantes des deux familles étudiées est conservé à Liège.

[2] Spécimen desséché de plante conservé dans un herbier.

 

[1] Voir notice et buste de Theodor Schwann

 

[1] Spring interviendra pour permettre le rachat, en 1870, de l’herbier de ce savant par l’État belge ; l’herbier fait, depuis, partie des collections du Jardin botanique national de Belgique.
 

 

 

Archives de l'Académie royale de Belgique :

15128 : Lettre du ministre de l'Intérieur au secrétaire perpétuel, 25 juin 1883. Envisage de confier l'exécution du buste à Émile Namur. - Id., 1 janvier 1884. Desenfans a terminé le modèle.

 

Publications :

Annuaire : Notice par Théodore Schwann ; portrait gravé par François De Meersman, 1874, p. 250-290. 
Biographie nationale : Notice par Constant Vanlair, t. XXIII, p. 492-509. 
C. VANLAIR, dans Biographie nationale, t. XXIII, Bruxelles, 1924, col. 492-509

Bulletins : Discours prononcé à ses funérailles par Gustave Dewalque, 2e série, t. XXIII-1872, p. 93. 
Notices biographiques..., éd. 1854, p. 75. 
Bulletin VII, p. 102 (séance du 10 janvier 1884), p. 211 (séance du 7 février 1884) - IX, p. 308 (séance du 2 avril 1885) : réception du buste.

Van Lennep, J., Les Bustes de l’Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, Bruxelles, 1993, p. 272-273.

 

Constant Albert Desenfans

Le sculpteur belge Constant Albert Desenfans est né à Genappe le 24 janvier 1845 et décédé à Braine-l’Alleud le 12 mars 1938.

Sa formation artistique passe par l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles où il est l’élève d’Eugène Simonis. 

Comme c’est le cas pour d’autres artistes de son temps, une partie importante de son œuvre est liée aux projets de monuments et de parcs publics mis en chantier par le roi Léopold II au cours des années 1870 à 1907.

Avec Thomas Vinçotte et Jef Lambeaux, il est un des sculpteurs qui créèrent les œuvres ornant les Arcades du Cinquantenaire dans le parc du même nom à Bruxelles : on lui doit la Province du Hainaut et La Province du Limbourg.

Ses oeuvres sont visibles à Bruxelles, au Boulevard Adolphe Max 11-17 (Saint-Michel), au Passage du Nord, qui relie la rue Neuve et le Boulevard Adolphe Max (Le Jour et La Nuit), dans le Parc de la Dodaine à Nivelles (Angelots – provenant de la grande poste de Bruxelles aujourd’hui détruite).

On trouve des statues en bronze de sa main dans d’autres espaces publics : au Jardin botanique de Bruxelles (Le Lys), ou parmi les statues des métiers au parc du Petit Sablon (Le couvreur de tuiles, Le tanneur et Le tapissier).

Il a également réalisé de nombreux bronzes de petite dimension.

Une avenue de la commune de Schaerbeeck, où il habitait, et pour laquelle il sculpta Ève tentée par le serpent et L'élagueur (Parc Josaphat), porte son nom.

Buste, plâtre,

Ht 81 H 65 L 59 P 34

Signature au revers :

A. Desenfans

Inv. ARB 20.

État (1884) inv. 702.

 

Photo Luc Schrobiltgen.