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Buste de Charles-François Le Preud'Homme d'Hailly

Charles Geefs

 

Né à Paris, le 13 janvier 1746 et décédé à Bruxelles, le 20 août 1827.

Élu membre de l’Académie impériale et royale de Bruxelles le 14 octobre 1777 ; confirmé comme membre de la Classe des Sciences le 3 juillet 1816. Directeur de l’Académie de 1816 à 1827. Mathématicien.

Charles-François le Preud'homme d'Hailly, vicomte de Nieuport est issu d'une ancienne famille de Flandre. Lorsqu’il naît à Paris, le 13 janvier 1746, au même moment, à Gand, la maison de ses parents est occupée militairement par le maréchal de Saxe. Charles-François passe son enfance et sa jeunesse à Paris, où il poursuit de brillantes études au collège Louis-le-Grand.

Après sa formation, il passe au service de l'Autriche, sous le règne de Marie-Thérèse. Nommé lieutenant au corps du génie, il obtient après quelque temps un congé et part “faire ses caravanes” à Malte (il a été reçu dès le berceau dans l'Ordre de Malte).

Chargé, à l'âge de quarante ans, des affaires de son ordre près la Cour des Pays-Bas, il rentre au pays et, décidé à s'y fixer, il échange une commanderie obtenue dans la Brie, contre celle de Vaillampont, près de Nivelles. Ici commence véritablement sa carrière scientifique. Peu occupé de sciences depuis sa jeunesse, comme il le dira souvent lui-même, ce n'est guère que vers l'âge de quarante ans qu'il se met sérieusement à l'étude des mathématiques.

Pendant son séjour en France, il avait été en relation avec plusieurs savants illustres (e.a. d'Alembert, Bossut et Condorcet). L'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres, qui vient d'être instituée par Lettres Patentes de l’impératrice Marie-Thérèse, l'admet au nombre de ses membres. Il communique une série de recherches intéressantes sur différents points des sciences mathématiques qui seront insérées successivement dans le recueil de ses Mémoires (1).

La révolution française ne tarde toutefois pas à s’inviter dans cette vie consacrée à l’étude. Les commanderies sont supprimées, et parmi celles-ci, la commanderie de Vaillampont de Monsieur De Nieuport, sans aucune indemnité. Désormais sans fortune, notre savant se consacre à l'étude dans le silence de la retraite.

Il refond en un seul deux mémoires d'analyse présentés plus tôt à l'Académie Royale des sciences de Paris, mais dont l’impression avait sans cesse été retardée et publie alors ses “Recherches sur l'intégration des équations aux différences partielles qui admettent une intégration de l'ordre immédiatement inférieur”. Ce mémoire fait partie du Recueil paru en 1794 sous le titre “Mélanges mathématiques”, ou “Mémoires sur diffèrents sujets de mathématiques tant pures qu'appliquées” (1).

Dans le second Recueil des Mélanges (1799), notre vicomte revient encore sur l'intégration des équations aux différences partielles. La manière dont il traite son sujet de prédilection lui vaut l'estime et la reconnaissance de ses savants confrères. “L'importance et la difficulté du sujet, dit-il, justifieront assez la constance avec laquelle je me suis livré à ces recherches arides en apparence, mais en effet bien attrayantes pour l'analyste qui, ne se bornant pas à employer l'algèbre comme un moyen prompt de solution, se plaît encore à éclairer sa marche ténébreuse et à observer la souplesse admirable avec laquelle elle sait se frayer une route à travers les obstacles les plus multipliés. »

Il aborde également dans ce recueil des questions de mécanique, et y résout plusieurs problèmes de géométrie.

L'Empire, en succédant à la République, n'apporte aucun changement dans la fortune du commandeur, un statu quo dû, aux dires du vicomte, à son refus constant des faveurs qui lui étaient offertes. Il réserve en effet son intérêt aux faveurs décernées par ses pairs, et qui constituent la récompense de ses travaux scientifiques. Ainsi l'Institut de France le compte, dès son organisation, parmi ses membres correspondants. Il lui fera parvenir deux mémoires: l'un sur l'équation générale des polygones réguliers, l'autre sur un problème présenté par D'Alembert.

En 1802 il publie le Mémoire sur l'intégrabilité médiate des équations différentielles, d'un ordre quelconque, et entre un nombre quelconque de variables, pour faire suite aux Mélanges mathématiques (1). Le Mémoire porte cette épigraphe touchante :

Has mihi nemo invidit opes ; hœc una supersunt Et Jam vergenti sat erunt solatia vitae.

Son “'Essai sur la théorie du raisonnement” paraît en 1805.  

« Mon seul guide a été cette précieuse habitude de réfléchir, qu'on contracte par l'étude des sciences exactes. On jugera, par le peu de livres que je cite (et je cite tous ceux que je connaissais), combien j'étais étranger à cette matière ».

L'étude de la philosophie lui fait sentir le besoin d'approfondir les Anciens. A l'âge de 60 ans, il se remet à apprendre la langue grecque avec la même ardeur qu'il avait repris les mathématiques à l'âge de quarante. Platon devient son livre de prédilection et presque son unique étude.

Lors de l'érection du Royaume des Pays-Bas en 1815, M. De Nieuport est appelé à la seconde chambre des États Généraux. Il rentre en même temps à l'Académie royale de Bruxelles, à peine réorganisée, dont il sera un des deux seuls mathématiciens à voir ses travaux reconnus à l’étranger. Elu membre de l’Académie en 1777, Le Preud’homme d’Hailly assiste à presque toutes les séances de l’Académie jusqu’au début de l’année 1784. Après une absence de 1785 à 1789, il prend à nouveau part aux travaux académiques en 1790, avant de ne plus faire que quelques apparitions sporadiques les années suivantes. Il est également nommé successivement membre de l'Institut des Pays-Bas, de l'Académie royale de Stockholm et de plusieurs autres sociétés savantes.

Dans le même temps, son sort s'améliore et, pour témoignagne de sa reconnaissance au Roi dont il reçoit le titre de chambellan et la croix du Lion Belgique (qu’il ne portera jamais par fidélité aux statuts de l'Ordre de Malte), il lui dédie son dernier ouvrage intitulé “Un Peu de Tout, ou Amusements d'un Sexagénaire, depuis 1807 jusqu'en 1816” qui regroupe des entretiens sur la théorie des probabilités, des observations sur la littérature, la philosophie et les langues, ainsi que des poésies grecques et latines de sa main.

Charles-François le Prud'homme d'Hailly, vicomte de Nieuport meurt le 23 août 1827, dans sa 81e année, à la suite d'une courte maladie.

Archives de l'Académie royale de Belgique :

15123 : Lettre du ministre de l'Intérieur au secrétaire perpétuel, 15 mars 1870. A désigné le sculpteur Tinant pour exécuteer le buste. - Id., 13 février 1874. Le rapport du 5 avril 1872 ayant été très défavorable à l'égard du modèle présenté par le précité, celui-ci sera remplacé par Charles Geefs. - Rapport de la Commission comprenant C. A. Fraikin, J. Leclercq et A. Robert, 15 avril 1874. Le modèle présenté par Charles Geefs est accepté.

Publications :

Bulletin, XXVIII, p. 398 (séance du 6 novembre 1869), p. 457 (séance du 8 novembre 1869), p. 527 (séance du 4 décembre 1869) - XXIX, p. 334 (séance du 2 avril 1870) - XXX, p. 82 (séance du 6 août 1870), p. 154 (séance du 8 septembre 1870) - XXXIII, p. 159 (séance du 1er février 1872) - XXXVII, p. 776 (séance du 6 mai 1874) - XXXVIII, p. 527 (séance du 8 octobre 1874) : réception du buste en marbre.

Annuaire : Notice par Adolphe Quetelet, 1835, p. 95. 
Nouveaux Mémoires : Notice par le prince de Gavre, t. IV. 
Biographie nationale : Notice par Georges Bigwood, t. XV, col. 712. 
Bulletin Lettres : Le Commandeur de Nieuport à Bruxelles. Son séjour à la Place Royale naissante ; son entrée et ses travaux à l’Académie Impériale et Royale (1777-1794), par Gonzague van Innis ; reproduction d’une miniature sur papier représentant le Commandeur de Nieuport, anonyme, s.d., coll. privée, et photographie de son buste par Geefs, 1982, p. 108. 
Les Bustes de l’Académie royale de Belgique
, 1993, p. 300. 
L’Académie impériale et royale de Bruxelles…, 2009, p. 196.

Catalogue de l'exposition La sculpture belge au 19e siècle, Bruxelles, Générale de Banque, 1990, II, p. 410.
Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, Bruxelles, 1993, p. 300-301.

Exposition :

Les Chevaliers de Malte à travers huit siècles d'histoire, château de Versailles, 1961.

Charles Geefs

 

 

Charles Geefs est né à Anvers en 1829 et décédé à Schaerbeek en 1911. 

Buste, marbre, par Charles Geefs.

Ht 68  L 54,5  P 33,5

Signature et date sur la tranche du bras gauche Charles Geefs 1874

Inv. ARB 34.
État (1874) inv. 526.

 

Autre exemplaire :

Exemplaire en plâtre signé et daté 1876 : coll. H. Lemaire, Chevetogne.