Buste d’Henri Vieuxtemps

Edmond Lefever

Henri Vieuxtemps

(Verviers, 1820 - Alger, 1881)

Compositeur – Violoniste.

 

Né le 17 février 1820 à Verviers, Henri Vieuxtemps reçoit ses premières leçons de son père, et joue en public, dès l'âge de six ans, le Cinquième Concerto pour violon de Pierre Rode.

Lors d’un concert à Amsterdam, en 1828, le violoniste virtuose Charles de Beriot est émerveillé par ce jeune virtuose de 8 ans. Il propose de se charger de son éducation musicale et le prend sous sa protection. Vieuxtemps, dans son autobiographie, mesure toute sa dette à l'égard de son maître : « Bériot fut pour moi un second père; je devins sa préoccupation constante. Il s'attacha surtout à m'inspirer le respect et le goût des anciens maîtres, m'initia aux beautés des Corelli, Tartini, Viotti, Rode, Kreutzer, etc... Il m'enseigna à les admirer et à les regarder comme des modèles ». »

L'année suivante, Paris leur fait un accueil triomphal. Vieuxtemps fait sensation à Vienne et en Allemagne, où il séduit et inspire Robert Schumann : "Du premier au dernier son qu'il tire de son instrument, Vieuxtemps vous retient comme un cercle magique tracé autour de vous et dont on ne connaît ni le début ni la fin... Son jeu est comme une fleur, en même temps parfumé et lumineux."

Outre le violon auprès de Charles-Auguste de Bériot à Bruxelles de 1829 à 1831, Vieuxtemps étudie l'harmonie avec Simon Sechter à Vienne en 1833 et 1834, et la composition avec Anton Reicha à Paris en 1835 et 1836. Il effectue ensuite plusieurs tournées en Europe ainsi qu’en Amérique en 1843 et 1844, en 1857 et 1858, puis en 1870 et 1871. Il devient membre de l’Académie (Classe des beaux-arts) en 1845.

Professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg de 1846 à 1851, il exerce une influence considérable sur la pratique du violon en Russie.

Il enseigne ensuite au Conservatoire de Bruxelles de 1871 à 1873, mais est contraint de quitter son poste à la suite d'une attaque qui le laisse paralysé. 

Eugène Isäye et Jenö Hubay figurent parmi ses élèves.

Son style de jeu, qui mêle une virtuosité d'une précision extraordinaire à des sonorités pleines, fera école. Henri Vieuxtemps est l'un des premiers virtuoses à exécuter des pièces de bravoure au XIXe siècle. Ses sept concertos ont contribué au développement de cette forme, en particulier le quatrième – que Berlioz qualifia de « magnifique symphonie avec violon principal » – et le cinquième. Henri Vieuxtemps a également réalisé de nombreuses transcriptions, et composé des fantaisies, des caprices, des duos concertants...

Il meurt le 6 juin 1881, à Mustapha, près d'Alger.

Archives de l'Académie royale de Belgique :

15137 : Lettre du Secrétaire Perpétuel au ministre de l'Intérieur, IB., p. 270 (Vieuxtemps, H.) 19 décembre 1893. Le modèle en terre a été accepté. Lettre du ministre de l'Intérieur au Secrétaire Perpétuel, 22 décembre 1894. Le buste en marbre est terminé.

Publications :

Bull. XXIX, p. 203 (séance du 10 janvier 1895) : réception du buste.

Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, 1993, p. 360-361.

Annuaire : Notice par Jean-Théodore Radoux ; portrait gravé par Auguste Danse, 1891, p. 213. 
Biographie nationale : Notice par Suzanne Clercx, t. XXVI, col. 722. 
Bulletin Beaux-Arts : L’exotisme dans la musique de Charles de Bériot (1802-1870) et d’Henry Vieuxtemps (1820-1881) par Albert Vander Linden ; lithographie de Charles Baugniet (1838) représentant de Bériot, et lithographie de Marie A. Alophe représentant Vieuxtemps (vers 1840), 1970, p. 317. 
Cent cinquante ans de vie artistique, 1980, p. 266. 
Bulletins : Discours prononcé lors de l’inauguration de sa statue à Verviers, par Jean-Théodore Radoux, 3e série, t. XXXVI-1898, p. 341. 
 

Edmond Lefever

Le sculpteur Edmond Lefever est né à Ypres le 25 février 1839 et décédé à Schaerbeek le 18 avril 1911..

 

Il commence sa formation dans sa ville natale, où il obtient ses deux premiers prix en 1859.

De 1862 à 1871, il suit des cours à l'Académie de Bruxelles. En 1873, il visite Rome en compagnie de son ami le sculpteur Polydore Comein. À son retour, il s'installe à Schaerbeek et présente régulièrement des œuvres à des expositions en Belgique et à l'étranger, où il obtient plusieurs distinctions (Londres 1878 – Adelaïde et Caracas 1888).

Il travaille aussi bien le bronze, le marbre, l'ivoire ou la terre cuite, et produit tant des bustes, des sujets allégoriques et religieux que des représentations réalistes.

Les cinq statues réalisées pour la halle aux draps de sa ville natale, Ypres (1875), seront détruites au cours de la première guerre mondiale.

Bruxelles recèle plusieurs œuvres de sa main : les statues d'Antoine de Bourgogne et de Jeanne de Luxembourg sur la façade de l'Hôtel de ville de Bruxelles (1878), la Cendrillon du Parc Josaphat à Schaerbeek (1881), Le Cygne et La Cigogne au Jardin botanique, la statuette du métier des bouchers au Square du Petit Sablon (1882), Les armes des Beaux-Arts, un bas-relief rue du Musée (1893).

Cendrillon
Cendrillon

 

Buste,

marbre, 
Ht 75 H 62 L 54 P 33,5

Signature et date au revers : Edmond Lefever. 1894

Inv. ARB 15.
État (1894) inv. 1027 - acquisition autorisée par le ministre le 14 octobre 1947.

Photo Luc Schrobiltgen