Buste de Charles-Auguste de Bériot

Henri (Hendrik) Pickery

Charles-Auguste de Bériot

(Louvain 1802 - Bruxelles 1870)

Violoniste – Compositeur
 

Violoniste virtuose, Charles-Auguste de Bériot est à l'origine de l'école franco-belge de violon, une école qui a rapidement trouvé la pleine mesure de son expression technique et artistique lorsque ce brillant violoniste l’institue au Conservatoire royal de Bruxelles, dans la première moitié du XIXe siècle. L'école franco-belge de violon s’est illustrée avec talent bien au-delà des frontières, tant parmi les interprètes – Yehudi Menuhin, Isaac Stern, Arthur Grumiaux, Augustin Dumay, Itzhak Perlmann, Pinchas Zuckermann... – que parmi les compositeurs – Guillaume Lekeu, Henryk Wienawski, Henry Vieuxtemps, Eugène Ysaÿe, etc.

Selon le virtuose Tedi Papavrami (né en 1971), elle a permis « l’éventail le plus large de sonorités et d’articulations. Par conséquent c’était la plus apte à épouser le langage et le style d’un compositeur quelle que soit son époque. C’est également un répertoire d’études et d’œuvres dont aucune école ou professeur ne saurait faire l’économie, quelle que soit son approche technique ». Elle est universelle : « On la retrouve chez beaucoup de violonistes, soit parce qu’ils ont été formés de la sorte, soit, comme moi, parce qu’ils l’ont choisie après avoir essayé différentes manières. Mais de toute façon, tous passent par une partie des études qui la composent. ».

Charles-Auguste de Bériot naît le 20 février 1802 à Louvain. Musicien précoce, il connait le succès lors d'une interprétation publique d'un concerto de Viotti, alors qu'il n'a que neuf ans.  Il devient l’année suivante élève de Jean-François Tiby, et d’un autre grand violoniste et compositeur belge de l’époque romantique, André Robberechts, lui-même élève de Giovanni Battista Viotti.

À 19 ans, sur les conseils de son professeur, il part en France où il suit les cours de violon au Conservatoire de Paris (classe de Pierre-Marie Baillot). Cet enseignement ne lui apportant pas satisfaction, le jeune de Bériot, encouragé par Viotti, directeur de l'Opéra de Paris depuis deux ans, se produit en public avec succès. Grâce à son style élégant et pur, sa tournée en Europe lui apporte la célébrité.

De 1824 à 1826, il est violoniste du roi de France Charles X.

En 1829, il rencontre la célèbre chanteuse espagnole María-Felicia García dite Maria Malibran avec qui il forme un couple mythique. Après un court intermède à Bruxelles, où sa fonction de « premier violon » du roi des Pays-Bas, Guillaume Ier, est interrompue par la révolution de 1830, il effectue de nombreuses tournées en Angleterre, en France et en Italie en compagnie de la cantatrice, qu'il épousera le 29 mars 1836 et avec laquelle il a un fils, Charles-Wilfrid (1833-1914), futur pianiste virtuose et professeur de Maurice Ravel. Le couple construira deux vastes hôtels particuliers en forme de villas entourées de jardins, l’un à Ixelles (racheté par la commune en 1849, aujourd'hui maison communale), l’autre à Saint-Josse. 

Maria Malibran par Ch. de Bériot

La mort prématurée de Maria Malibran, survenue 6 mois après leur mariage, interrompt la carrière de Charles de Bériot pendant deux ans. Il fera construire une vaste chapelle dans le cimetière de Laeken pour y inhumer son épouse.

Après une tournée en Autriche et en Allemagne, il se fixe à Bruxelles. Il se remarie en 1840 et a un second fils, Franz-Charles, en 1841.

En 1842, le Conservatoire de Paris lui offre, sur un plateau, le poste de professeur de violon laissé vacant après la mort de son ancien professeur. Il le refuse mais devient professeur de perfectionnement de violon au Conservatoire de Bruxelles. Il s’implique dans la vie bruxelloise et fonde, en 1844, le Cercle des arts où il défend la musique de chambre.

Pourtant, sa santé s’altère progressivement, ce qui le pousse à mettre un terme à ses activités professionnelles en 1852. Il a 50 ans. Outre l’asthme, et la cécité qui le gagne inexorablement jusqu’à devenir totale en 1858, il perd peu à peu l’usage du bras et de la main gauches : il ne peut plus jouer de son violon (un maggini dont il aurait fait lui-même une copie), ni sculpter (il est l’auteur d’un buste de sa 1ère épouse, Maria Malibran).

Sa seconde épouse décède en 1858, son second fils disparaît 5 ans plus tard.

Charles-Auguste de Bériot meurt le 8 avril 1870 à l’âge de 68 ans. Il est enterré au cimetière de Laeken.

Son influence dans l’histoire du jeu du violon est considérable. Il a associé « la technique éblouissante d’un Paganini, aux  caractéristiques de l’école classique française établie par Viotti et perpétuée par Rodolphe Kreutzer, Pierre Rode et Pierre-Marie Baillot : élégance, grâce, pureté de l’intonation, brillance des traits. Sans être vraiment un disciple de cette école, il en marque l’aboutissement en l’ouvrant à une approche moins traditionnelle des œuvres, inscrite dans l’esprit du romantisme. C’est pour cette approche nouvelle qu’il a introduite et que ses successeurs développeront, qu’il est considéré comme un des fondateurs de la célèbre école belge de violon »

En effet, si ses prestations sont passées à la postérité pour avoir su allier la virtuosité et la technique exceptionnelles de Niccolo Paganini à l'élégance et à la sensibilité émotionnelle, on lui doit une méthode et des pièces qui restent, aujourd'hui encore, des passages obligés de l’apprentissage de tout jeune violoniste : Méthode de violon (1858) et École transcendante de violon (1867) comptent parmi ses nombreux ouvrages pédagogiques. En tant que professeur, il repéra tout jeune Henry Vieuxtemps et le compta parmi ses élèves.

Ses dons mélodiques s'expriment dans ses dix concerti pour violon et orchestre, dans des airs, des recueils d'études, de multiples duos et variations pour piano et violon.

Archives de l'Académie royale de Belgique :

 

15138 : Note par C. Fraikin, G. De Groot, J. Jaquet et T. Vinçotte, 8 janvier 1891. Ils acceptent le buste déposé par Pickery.
Bull. XX, p. 408 (séance du 23 octobre 1890) XXI, p. 58 (séance du 5 janvier 1891), p. 509 (séance du 2 avril 1891) : réception du buste en marbre.

Bull. 2e série, t. XXIX-1870, p. 642 : Discours prononcé à ses funérailles, par François-Joseph Fétis.

 

Publications :

Annuaire de l'Académie royale de Belgique : Notice par François-Joseph Fétis ; portrait gravé par Jean-Baptiste Vandersypen, 1871, p 351 

Biographie nationale : Notice par Charles van der Borren, t. XXIX, col. 274. 

Cent cinquante ans de vie artistique, 1980, p. 227. 
Notices biographiques..., éd. 1854, p. 205. 
 

Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, 1993, p. 396-397.

Levaux Th. (direction), « Charles-Auguste de Bériot », in Dictionnaire des compositeurs de Belgique du Moyen-Age à nos jours, Ohain-Lasne, Editions Art in Belgium, 2006.

E.U., « BÉRIOT CHARLES DE - (1802-1870)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 7 mars 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-de-beriot/

BNF, Bibliothèque nationale de France, [en ligne], consulté le 17 mars 2017.

http://data.bnf.fr/14020879/charles-auguste_de_de_beriot/

Tribot P.-J., Res musica, « L’école belge de violon : vers l’universalisme » 20 août 2013

Henri (Hendrik) Pickery

Le sculpteur Henri (Hendrik) Pickery est né à Bruges en 1828 ; il y est décédé en 1894.

Essentiellement connu comme sculpteur et statuaire, il fut également peintre, et professeur à l'Académie libre des Beaux-Arts de Bruges.

Eugène Simonis (1810-1882) lance sa carrière à l’occasion de l’inauguration de la place Simon Stevin à Bruges en 1846 : la statue commandée à Simonis n’étant pas prête, le maître confie à Pickery, alors son élève, le soin d’en faire en urgence une copie en plâtre. Cette première mission valut à Pickery une reconnaissance immédiate. Suivirent, entre autres commandes, la statue de Jacob van Maerlant à Damme (1860), les statues de Hans Memling (1871), de Jan van Eyck (1878).

D’autres œuvres de sa main font partie des collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles : Satyre et jeune Faune (1862), ainsi que deux bustes d’artistes du XVIIe : un buste en bronze commandé pour le musée et entré en 1882 dans les collections, représentant le peintre Frans Pourbus II (1569-1622) et un buste en plâtre du peintre, architecte et ingénieur Coerberger.

Une autre de ses œuvres, Esclave s'empoisonnant, se trouve dans l’Ancienne Bibliothèque de Bruxelles.

Buste,

marbre, 

H 83,5 L 58 P 38

Signature sur le côté à g.: H Pickery Inv.

ARB 82.

État (1891) inv. 936 -

Un exemplaire en plâtre est conservé au Musée communal des Beaux-Arts, Ixelles (H 82). LB., p. 19 (Beriot, C. de)

Photos : L. Schrobiltgen (buste de face) Molitor (buste de profil)