Buste de Hervé Hasquin

Nat (Nathanaël) Neujean

Hervé Hasquin
(Charleroi, 1942)

 

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Historien, professeur d'université, homme politique et écrivain, Hervé Hasquin est né à Charleroi le 31 décembre 1942.

Petit-fils de mineurs, fils d’un journaliste et écrivain qui fut aussi un patron de presse (René Pierre Hasquin, directeur de Journal-l'Indépendance et fondateur du magazine Le Métropolitain, pour lequel il signe sous pseudonyme de nombreux éditoriaux de 1971 à 1981), son parcours est celui d'un intellectuel qui s'implique et s'engage dans la gestion de la société.

À travers ses multiples écrits, ses fonctions successives et ses prises de position, s’exprime sa conviction d’un libéralisme laïque. Ses sujets de prédilection touchent à l'histoire économique, à l’histoire des idéologies et des mouvements nationaux, et … à la Wallonie.

Après une licence en histoire (1964), suivie d’un doctorat en Philosophie et Lettres (Histoire – Temps modernes) à l’Université libre de Bruxelles (1970), Hervé Hasquin est nommé professeur extraordinaire en histoire moderne à l’ULB (1971). Sensibilisé aux problèmes wallons et bruxellois, il participe en 1967 à la création du « club Jules Destrée », un club fédéraliste, libre-exaministe et favorable au dédoublement de l’U.L.B. en deux ailes linguistiques. C’est l’époque de la crise politique due à la volonté de flamandisation de l’Université catholique de Louvain, l’« affaire de Louvain », souvent appelée par les francophones le Walen buiten et par les néerlandophones Leuven Vlaams (« Louvain flamande »), qui secoue la Belgique entre novembre 1967 et mars 1968 et qui se soldera par le départ de la section francophone de l'UCL de la ville de Louvain [1].

Rapidement actif dans l’édition, Hervé Hasquin assure, en 1975 et 1976, la coordination et la direction scientifique des deux tomes (soit le volet Histoire-Économie-Société) de ce qui deviendra une encyclopédie de référence : La Wallonie, le Pays et les Hommes. Il publie en 1999 La Wallonie, son histoire. En 1980, il prend l’initiative de créer un cours libre consacré à l’Histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. En 1981, il publie Historiographie et politique. Essai sur l’histoire de la Belgique et de la Wallonie.

Poursuivant sa carrière académique, Hasquin est recteur de l’ULB de 1982 à 1986 et président de son Conseil d'Administration de 1986 à 1995. Membre de la loge « Fraternité » du Grand Orient de Belgique, il crée en 1983 la chaire Théodore Verhaegen de maçonnologie dans cette même université. En 2000, il est à l'origine du débat, parlementaire d'abord puis largement public, sur l'introduction d'un cours de philosophie.

Chercheur, spécialiste du XVIIIe siècle, de l'histoire des religions et des problèmes de nationalités à l'époque contemporaine, auteur de nombreux livres, directeur scientifique de plusieurs ouvrages collectifs, il publie également quantité d'articles dans des revues et livres scientifiques belges et étrangers.

Observateur attentif de la vie politique belge et wallonne qu’il commente au travers de ses éditoriaux, défenseur du statut de région à part entière pour Bruxelles et partisan d’insérer le régionalisme wallon dans un ensemble européen, Hervé Hasquin prend part à la vie politique de son temps. Il participe à la constitution du Parti réformateur libéral wallon (1976), est conseiller communal de Charleroi (1982 – 1985), vice-président de son parti (1986 et 1990), député au Parlement bruxellois, Ministre dans le gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale (1995 – 1999), Ministre-Président de la Communauté française (aujourd'hui Fédération Wallonie-Bruxelles) (1999 – 2004).

À l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, où il est élu dans la Classe des Lettres et des sciences morales et politiques d’abord en qualité de correspondant le 7 janvier 2002 puis de membre le 15 mai 2004, Hervé Hasquin manifeste la même énergie infatigable.

Élu Secrétaire perpétuel de l’Institution fin 2007, il consacre son énergie et sa force de conviction à développer, au cours de ses deux mandats de 2008 à 2017, une « académie qui ne soit plus un bunker ou une forteresse mais qui vive avec son temps, et pas seulement à Bruxelles, aussi en Wallonie ».

Hervé Hasquin apportera à l’Institution plusieurs réalisations essentielles : la création d’une quatrième classe (Technologie et Société), la création d’un nouveau pôle de vulgarisation du savoir (Collège Belgique), le développement des médias numériques (par ex : la création de ce site qui abrite e.a. le Patrimoine artistique de l’Académie...), ... [2


[1] Le 18 septembre 1968, un plan d'expansion de la section francophone en Wallonie est approuvé par le pouvoir organisateur de l'UCL. Quelques semaines plus tard, un nouveau règlement organique officialise la scission : l’aile néérlandophone, la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) reste à Leuven et l’aile francophone, l’Université Catholique de Louvain (UCL) doit quitter la ville pour établir progressivement ses facultés dans le Brabant wallon, dans une ville nouvelle qui sera baptisée Louvain-la-Neuve, à l’exception de la faculté de médecine, qui verra le jour sur le campus de Woluwe Saint Lambert. L’aile francophone de l’institution, qui jouait sa survie dans ce déménagement hâtif, fera sa première rentrée académique le 20 octobre 1972 dans ce qui n’est alors qu’un chantier.

 

[2]  La création de la classe « Technologie & Société » comprenant les diverses ingénieries qui dérivent des sciences en s’intéressant à leur impact sur la société, permet le croisement d’idées et points de vue parfois très contrastés d’intellectuels et d’experts issus de disciplines différentes (l’industrie, le droit, l’économie, les finances, les nouvelles technologies, etc..).

Le souci d’inscrire les activités de l’Académie dans une dynamique de partage des connaissances, de vulgarisation d'un savoir de haut niveau à la portée du plus grand nombre se concrétisera par la création, avec le soutien du Collège de France, du Collège Belgique où sont proposés des cours/conférences par des enseignants de toutes les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles et d'ailleurs, aux auditeurs de tous horizons dans un premier temps à Bruxelles (2008), puis à Liège (2013), Charleroi (2015), Mons et Arlon (2017).

Le lancement de la collection « L'Académie en poche » permettra d’éditer les textes des cours du Collège Belgique ainsi que de lancer les collections « Transversales » et « Rétro ».

Le travail avec le numérique aura permis la construction du site web de l’Académie (2008) et sa refonte (décembre 2017) mais aussi la numérisation des publications de l'Académie, la création de « lacademie.tv », et, enfin, celle de ce site, dédicacé au Patrimoine de l’Académie – bibliothèque, œuvres d’art, autographes, archives et cartes postales (2017), …

Nat (Nathanaël) Neujean

Le sculpteur Nathanaël Neuman dit Nat Neujean est né le 5 janvier 1923 à Anvers, où il a grandi au sein d’une famille originaire d’Europe centrale et établie en Belgique depuis la Première Guerre mondiale. Il poursuit sa première scolarité dans un milieu familial chaleureux et cultivé, qu’il quitte à 14 ans pour occuper un atelier à Anvers où il s’initie à la sculpture, son vœu depuis son plus jeune âge. Accepté comme élève libre à l’Académie des Beaux ­Arts, il y reçoit l’enseignement exigeant de grands maîtres de la sculpture et du dessin belges (Arthur Dupon, Franz Claessens, etc.) de 1939 à 1941.

En 1941, les autorités allemandes exigeant l’expulsion des étudiants belges d’origine juive des lieux d’enseignement, et malgré le soutien du directeur (le peintre Isidore Opsomer), il quitte Anvers et s’installe définitivement à Bruxelles où il travaille, tout en vivant dans la clandestinité. De cette époque datent ses premières commandes et ses premiers portraits.

Après la guerre, il part pour Paris où il se consacre de 1946 à 1947 à l’étude de l’anatomie à l’École des Beaux ­Arts.

Rentré à Bruxelles, il réalise à partir de 1950 ses premières expositions de groupe et une série de commandes officielles (pour les villes de Namur, Charleroi, Bruxelles). À la même époque, il est engagé comme conseiller artistique à la Manufacture de Céramique et Porcelaines CERABEL à Baudour, où il exécute diverses compositions en biscuit (dont une « Eve » de deux mètres de haut).

Fortement éprouvé par les horreurs de la guerre, il commence les études préliminaires à « la Mémoire de la Déportation » à laquelle il consacrera une grande partie de son œuvre. Les victimes de l’Holocauste resteront omniprésentes dans son travail, offrant une image bouleversante de ces figures fantomatiques, destinées à la destruction totale. 

Groupe de la Déportation – Hauteur 30 cm – Réalisé en 1961 http://www.natneujean.be/ 
 

Il aborde d’autres thèmes à partir des années 60 : la relation empathique entre personnages désemparés, recherchant soutien, tendresse et réconfort, la beauté et l’harmonie du corps féminin dans ses mouvements et ses formes généreuses.

 

L'Adolescente – Hauteur: 160 cm – Réalisé en 1981.

 

Indépendamment de ces œuvres de création, il réalise des médailles et de nombreux portraits (deux de Paul Delvaux, ainsi que d’Henry Lavachery, Maurice Leroy, etc.), dont les derniers datent des années 2008-­2009 (portrait d’Hervé Hasquin).

Son œuvre est figurative. Sur le plan technique, mis à part quelques œuvres en biscuit, en pierre et en marbre de Carrare, la quasi totalité de ses sculptures est en bronze à cire perdue.

Il a exposé à partir des années soixante tant aux États-Unis (à New York et à Boston, au Musée des Beaux­Arts en 1964, Washington, Chicago, Dallas, Houston, Palm Beach, Detroit), qu’au Canada (Toronto, Montréal), en Australie et en Europe (Belgique, Pays­Bas, France, Italie, Angleterre).

Élu correspondant de la Classe des Arts de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts en 1972 et membre en 1973, il est Directeur de sa Classe en 1978. Il a été professeur à la Fine Art School of the Museum (Boston) et membre correspondant de l’Accademia Nazionale di San Luca di Roma en 1995.

Il a réalisé pour l’Académie royale les têtes (en bronze) de l’ethnologue Henri Lavachery, du peintre Paul Delvaux, du linguiste Maurice Leroy et de l’historien Hervé Hasquin. 

 

Tête, bronze,

Ht 80 (sur base en pierre)

H 75  L 55 P 40

vérifier si Signature au revers à d. : Neujean