Buste du cardinal Désiré Mercier

Eugène-Jean De Bremaecker

Cardinal Désiré Mercier
(Braine-l'Alleud, 1851 - Bruxelles, 1926)

Né à Braine-l’Alleud, le 21 novembre 1851 ; décédé à Bruxelles, le 23 janvier 1926. Élu correspondant (Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques), le 4 décembre 1899 ; membre, le 5 mai 1902. Président de l’Aadémie et directeur de sa Classe en 1913. Philosophe. Archevêque de Malines.

Archives de l'Académie royale de Belgique :

15150 : Lettre du ministre de l'Instruction publique au comte L. de Lichtervelde, 22 août 1951. Le buste a été commandé à J. De Bremaecker.
15149 : Administration des Beaux-Arts, acte de dépôt de ce buste à l'Académie, 21 novembre 1951.



Publication :

Annuaire : Notice par Maurice De Wulf ; portrait photographique, 1927, p. 1. 
Biographie nationale
 : Notice par Aloïs Simon, t. XXX, col. 575. 
Bulletin Lettres : Allocution prononcée par Georges De Leener, lors de la remise de son buste à l’Académie, 1951, p. 526. 
Bulletin Lettres : Le cardinal Mercier et l’Académie Royale de Belgique, par Roger Aubert, 1983, p. 336. Les démarches du cardinal Mercier en vue de l’octroi à la Belgique d’un mandat sur la Palestine, par Roger Aubert, 1979, p. 166. Le cardinal Mercier, co-président de la Commission pour la réforme du calendrier de l’Union astronomique internationale, par Roger Aubert, 1991, p. 251. Le cardinal Mercier, un prélat d’avant-garde, par Roger Aubert, 1994, p. 267. Exposé : Le cardinal Mercier aux conclaves de 1914 et de 1922, par Roger Aubert, 2000, p. 165. 
Notices biographiques..., éd. 1907-1909, p. 517. 
Van Lennep, J., Les Bustes de l'Académie royale de Belgique, Mémoire de la Classe des Beaux-Arts, collection in-8°, 3e série, tome VI, 1993, p. 264-265.

Eugène-Jean De Bremaecker

 

Le sculpteur, statuaire et médailleur Eugène Jean de Bremaecker est né à Bruxelles, le 14 juillet 1879 et mort à Ixelles, le 18 janvier 1963. 

Il est surtout reconnu aujourd'hui pour ses nombreux bustes (pas moins de deux cent cinquante) ainsi que pour une remarquable série de danseuses art-déco.

Après des débuts qualifiés par l’intéressé lui-même de précoces[1], il reçoit ses premières leçons de Victor Rousseau, et devient l’élève de Julien Dillens à l’Académie de Bruxelles. Il se forme aussi en autodidacte et étudie par lui-même d’autres grands maîtres[2]. Il visite les salons et les expositions, connaît les œuvres de ses contemporains, comme Jef Lambeaux. Très sensible à la tradition de la culture belge, e.a. du Nord du pays, il occupe une position charnière entre le XIXe siècle dont il tire sa manière de travailler naturaliste et particulièrement expressive, et la première moitié du XXe siècle où il réalise la partie la plus significative de son œuvre.

Outre son activité artistique, il s’intéresse très tôt aux nouvelles techniques de son temps : la photographie[3] (il réalise de nombreux clichés pendant la Première Guerre mondiale3), le télégraphe (il travaille à l’amélioration de la télégraphie sans fil avec Marconi à Broomfield en 1904).

Dès 1903 – il a 25 ans – il reçoit commande de l’État belge d’une statue de 5.50 m pour l’exposition de Saint-Louis aux États-Unis.

Parmi ses nombreux bustes-portraits officiels figurent les bustes du roi Albert Ier (réalisé en 1923 et exposé au musée Belle-Vue à Bruxelles), de la reine Élisabeth, du prince Léopold, futur roi Léopold III (réalisé en 1922 au palais de Bruxelles à Fontainebleau), de la reine Astrid, du prince Charles, comte de Flandre, lorsqu’il exerce la régence du royaume.

Il réalise des bustes du cardinal Mercier (modelé à l’archevêché de Malines), de Camille Huysmans, homme d’État avec qui il entretient une correspondance, d’Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, ou encore de l’écrivain Maurice Maeterlinck, de l’architecte Victor Horta, et de quantité d’autres personnalités de son temps, illustres ou moins connues.

Il réalise également des médailles et des bas-reliefs.

Il est l’auteur, e.a., de la médaille du roi Édouard VIII, ce qui lui vaut d’être nommé à cette époque membre correspondant de la Royal Society of Arts de Londres.

Ses œuvres font partie du paysage des villes belges, tel le bas-relief monumental, La Reine Élisabeth de Belgique soignant un blessé, pour le monument du roi Albert Ier à Nieuport, ou cet autre bas-relief, également frappé en médaille, commandé par le Fond Reine Élisabeth pour l’Assistance Médicale aux Indigènes du Congo belge. À Bruxelles, ses œuvres sont entrées dans les collections du musée d'Afrique centrale à Tervuren (Esclave), du musée de l'Armée (bas-reliefs des Généraux). On trouve également ses œuvres dans la Capitale belge (monument aux gendarmes tués en service commandé, mémorial Puccini, monument au général Dossin dans le parc de l'abbaye de la Cambre, monument Cauderlier au cimetière d'Ixelles), ou encore dans certaines églises (une Vierge en bois grandeur nature à l'église de l'abbaye de la Cambre, une autre à l'église de la Faisanderie à Stockel).

Son talent s’exerce aussi dans la réalisation de danseuses (statues, statuettes ou bas-reliefs), qui susciteront un enthousiasme immédiat tant des critiques que du public, et lui vaudront de multiples commandes.

Rompant avec une représentation de la femme du XIXe un peu lourde, il rend hommage à « l'éternel féminin » – titre d'une de ses œuvres –, par des lignes fluides et mouvementées, une grâce aérienne des corps suspendus dans la perfection du mouvement dans l'instant, à la limite entre le réel et l'imaginaire : Danse folle ; Salomé (patine bronze)

Plusieurs de ses œuvres sont également entrées dans des édifices publics à Paris : au Musée du jeu de Paume (Vers la joie ou La Danseuse aux cymbales), à l'Institut de France (buste du cardinal Mercier), à l'Opéra (Félia Litvine), à l'hôtel-Dieu (buste de la Reine Astrid), à l'hôpital Saint-Louis (bas-relief du Dr Levy), au Musée national d'art moderne,...

Eugène de Bremaecker bénéficiera régulièrement de l’attention des journaux en Belgique comme en France (la Dernière Heure, la Nation belge ou Le Soir pour la Belgique, et Le Temps ou Le Petit Parisien, pour la France).

Son activité créatrice ne tarit pas avec le temps : il vit jusqu’à ses derniers jours pour l'art auquel il voue toute sa passion et son enthousiasme. Après ses ateliers en région parisienne (Neuilly, rue Jacques Dulud) et à Bruxelles (avenue Longchamp, aujourd'hui avenue Winston Churchill), il se fixe à Schaerbeek. En 1952, il réalise pour cette commune le groupe Pelleas et Mélisande, inspiré de la scène du puits (aujourd’hui dans les couloirs de la Maison communale).

Dans un genre tout à fait différent, il sculpte des statues en bois présentant les hommes des métiers du bâtiment, tels l'architecte et le maçon, aujourd'hui dans le hall d'entrée du n°12 rue de l'Étuve, près de la Grand'Place de Bruxelles (visibles de l'extérieur).

Il meurt le 18 janvier 1963 à l’hôpital d’Ixelles.

 

[1] « À cinq ans, j’étais déjà sculpteur en herbe ! Je modelais Dieu sait comment ! Malgré ces dispositions de mon jeune âge, mon père voulut que j’entre à l’Académie de Saint-Josse pour y faire l’ornementation. J’y entrai … et au bout d’un mois j’y faisais de la sculpture ! J’allais ensuite à l’Académie de Bruxelles sur les conseils du maître Dillens. C’était en 1900. L’année suivante, j’étais reçu au Salon de Bruxelles. » 2.

[2]  « Mais, lorsqu’on sort de l’Académie, que sait-on ? Tout au plus l’orthographe ! ... Il faut apprendre le métier. L’étude des anciens et des modernes s’impose d’elle-même. Je me suis consacré à leur étude. J’ai aimé Carpeaux surtout, le plus beau des sculpteurs. J’ai passé des heures, des semaines, des mois au Louvre, à tel point que les gardiens me désignaient entre eux de la jolie appellation de Le Maniaque. Peu à peu, je me suis fait une conviction, j’ai travaillé ».

[3] À peine âgé d’une douzaine d’années, sur la plage de Heist, il prend des photos du roi Léopold II qui s’adresse à lui pour l’encourager dans cette voie.

Buste, marbre, par Eugène-Jean De Bremaecker.

H 72  L 66,5  P 32
Signature et date sur l'épaule gauche :
Eug. J. De Bremaecker / Sc. / 1951 (1924)

Inv. ARB 16.
État (1951) inv. 6783.

Photo Luc Schrobiltgen.

 

Autres exemplaires :

Exemplaire en marbre, Institut de France, Paris (1924-1926).
Exemplaire en plâtre, Collège Cardinal Mercier, Braine-l'Alleud.