Chers lecteurs,

Ce mardi 28 janvier, en raison d’un évènement privé se déroulant au Palais des Académies, l’accès à la bibliothèque se fera par l’entrée située Place du Trône.

 

 

Fragment d'un document signé par Maria Malibran

Je me trouve très flattée, Monsieur, de la demande obligeante que vous voulez bien me faire en témoignant le désir d’employer (…)
Veuillez croire à l’assurance de mes sentiments très distingués.
Maria Félicia Malibran

On pourrait résumer cette analyse par un titre : Des turpitudes liées à une collection d’autographe. Le collectionneur d’autographes (ici le baron de Stassart) est souvent prêt à tout pour récolter les précieuses signatures, y compris en mutilant une lettre, ou en acceptant que quelqu’un s’en charge… Les deux parties du document deviennent ainsi difficiles à interpréter, surtout dans la partie la plus petite. À qui s’adresse Malibran ? De quoi parle-t-elle ? Quand a-t-elle écrit cette missive ? Impossible à dire ici…

BARBIER P., La Malibran, reine de l’opéra romantique, Paris, Pygmalion, France Musique, 2005, 282 p.

DE BRADI L., La brève et merveilleuse vie de la Malibran, Paris, J. Tallandier, 1936, 253 p.

DE REPARAZ C., Maria Malibran : la diva romantique, Paris, Perrin, 1979, 269 p. (traduit de l'espagnol par Florence Barberousse)

DE SALLE J., Du pavillon Malibran à la maison communale d'Ixelles, Bruxelles, AAM Editions, 2015, 63 p.

DESTERNES S., CHANDET H., VIARDOT A., La Malibran et Pauline Viardot, Paris, Fayard, 1969, 271 p.

FLAMENT A., Une étoile en 1830. La Malibran, Paris, Pierre Lafitte, 1928, 126 p.

GHEUDE C., Les dernières années de la Malibran, Ixelles, 1953, 108 p.

LANQUINE C., La Malibran, Paris, Louis-Michaud, 1902, 192 p. (coll. Les écrits et la vie anecdotique et pittoresque des grands artistes)

MALHERBE H., La passion de la Malibran, Paris, Albin Michel, 1937, 255 p.

PARYS H. A., La Malibran, Bruxelles, Comité Malibran, 1957, 52 p.

POUGIN A., Marie Malibran : histoire d'une cantatrice, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1911, 284 p.

Maria ou Maria-Felicia Malibran, née Garcia

Née à Paris le 24 mars 1808, décédée à Manchester le 23 septembre 1836. Maria-Felicia était la fille du ténor sévillan Manuel Garcia1. Elle était l’aînée des trois enfants : sa sœur Pauline et son frère Manuel furent également musiciens. Maria-Felicia passa ses premières années à Paris et apprit bien vite le chant sous la direction de son père, dont la vigilance n'avait d'égale que la sévérité. La famille quitta Paris pour Naples en 1811 et y resta quatre ans. La vie de la petite-fille était entièrement rythmée par la musique. Nouveau déménagement en 1815 : la famille rejoignit Rome en compagnie de Rossini avec qui elle s’était liée d’amitié. On les retrouva à Paris l’année suivante et à Londres quelques années plus tard. Son père y fit connaître Maria : le public fut rapidement charmé par sa voix et sa beauté. C’est toutefois en 1825 que sa carrière prit son envol : elle reçut une formidable ovation dans le duo de Roméo et Juliette. Forte de ce succès, elle enchaîna les rôles : Rosine dans Le barbier de Séville, Félicia dans Le croisé en Egypte, etc.
En octobre 1825, la famille Garcia traversa l’Atlantique pour faire découvrir l’opéra aux Américains : un triomphe s’ensuivit. Maria y fit la connaissance de François-Eugène Malibran, un Américain d’origine française. Il fallut toutefois un an et l’accord des parents avant que le couple ne convolât en justes noces. Maria abandonna la scène un temps pour se consacrer entièrement à sa vie de couple. Son mari lui apprit à nager et à monter à cheval. Cette deuxième activité devint une grande passion, après la scène cependant. Son mari connut toutefois de graves difficultés financières. Maria remonta sur les planches pour l’aider financièrement mais cela fut en vain. Le couple finit par se séparer et Maria retourna en Europe. Elle garda le nom de Malibran et se produisit sur la scène parisienne durant l’hiver 1827/1828. Elle fréquentait également le salon le plus réputé de Paris, celui de la comtesse Merlin. Elle y fit la connaissance de Georges Sand, Balzac ou encore Mérimée. Après l’Opéra de Paris, elle rejoignit l’Opéra italien dirigé par Louis Viardot et y connut un nouveau triomphe. Elle fit ensuite une tournée à Londres, puis à Bruxelles où elle se produisit au théâtre de la Monnaie. Elle fit la connaissance du violoniste Charles-Auguste de Bériot au château de Chimay où elle avait été invitée par madame Tallien. Ils tombèrent amoureux l’un de l’autre : ils ne se quittèrent plus et organisèrent la plupart de leurs tournées ensemble. Maria ne donna plus de spectacles à l’Opéra italien de Paris, lassée des rumeurs sur sa vie privée. Elle ne revint plus en France et poursuivit sa carrière en Angleterre et en Italie. Le couple revenait souvent en Belgique. Ils décidèrent de fonder leur résidence à Ixelles et en confièrent les plans à Charles Vander Straeten, par ailleurs concepteur du Palais des Académies. Cette maison existe toujours : elle est l’actuelle maison communale d’Ixelles.
En 1833, Maria donna naissance à Charles-Wilfrid, futur pianiste virtuose et professeur de piano de Maurice Ravel. Après l’annulation du mariage avec Eugène Malibran en 1835, Maria et Charles s’épousèrent durant le printemps 1836. Toutefois, Maria fit une chute de cheval en Angleterre durant le mois d’août. Malgré la douleur, elle parvint à chanter à Londres et à Manchester où elle tomba dans le coma en pleine représentation. Elle rendit le dernier soupir le 23 septembre 1836. Sa disparition consterna l’Europe des arts et inspira des vers désespérés à Alfred de Musset. Bériot réussit à rapatrier sa dépouille et fit ériger un mausolée à la mémoire de sa femme au cimetière de Laeken, toujours visible actuellement.

1 Cette notice biographique est inspirée en grande partie par l’ouvrage dirigé par Jean de Salle (cf. bibliographie).

Support : une feuille de papier

Hauteur : 46 mm
Largeur : 121 mm

Cote : 19346/3021

Portrait : « Mme Malibran »

Hauteur : 113 mm
Largeur : 117 mm

Cote : 19346/3021