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Lettre à Adolphe Quetelet, 22 octobre 1872

Rio, 22 octobre 1872.


Monsieur

Un des doyens de la science, comme vous, ne pouvait pas être oublié devant l’empereur du Brésil par celui que vous avez reçu avec tant de bonté à l’observatoire, en lui offrant le vin d’une sympathie qui, même de loin, existait de ma part, par l’amitié que je vouais à Mr Candid Baptista de Oliveira, qui a été un de mes maitres, et se rappelait toujours ce qu’il devait à votre science.
En vous envoyant le temoignage d’une si haute estime, je vous prie de me rappeler au bon souvenir de votre fils, et de me croire toujours


 

Votre affectionné
D Pedro d’Alcantara


Rio 22 octobre 1872


[Ajout postérieur au crayon, en tête:]
Dom Pédro d'Alcantara, empereur du Brésil
à A. Quetelet

Dom Pedro d’Alcantara - nom d’emprunt utilisé par l’empereur du Brésil lors de ses voyages à l’étranger - est un passionné de sciences et de culture. Il lit énormément, parle une dizaine de langues et attache beaucoup d’importance à l’éducation et à l’enseignement. L’empereur s’intéresse à la photographie, à la physique et la chimie. Il fait construire un observatoire à Rio de Janeiro. De nombreuses institutions scientifiques le comptent parmi leurs membres.
L’Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro est fondé durant son règne (octobre 1838). Pedro II lui accorde son parrainage, mais plus encore il participe régulièrement aux sessions.

Au mois de mai 1871, il entreprend, avec son épouse, un premier périple de dix mois en Europe. Ce n’est pas réellement un voyage « officiel » : il souhaite être traité avec simplicité, descend dans des hôtels et passe ses journées à rencontrer des scientifiques et autres intellectuels. Après avoir séjourné au Portugal, en Espagne et en Angleterre, il passe par Bruxelles.

Le courrier, daté du 22 octobre 1872, que Pedro d’Alcantara adresse quelques mois après son retour au Brésil à Adolphe Quetelet, témoigne de la visite de l’empereur à l’observatoire de Bruxelles. Quetelet lui fait les honneurs de l’institution qu’il a créée, probablement en présence de son fils Ernest qui dirige à cette époque les études astronomiques. Un brouillon de lettre rédigé par Adolphe Quetelet en janvier 1873 livre un détail supplémentaire : l’empereur aurait passé la nuit à l’observatoire et y aurait pris part aux travaux astronomiques.

Pedro d’Alcantara ne se contentera pas de l’envoi d’une simple missive pour manifester sa reconnaissance et l’estime qu’il porte à Adolphe Quetelet : quelques semaines après le courrier reproduit ici, il lui fera remettre par l’intermédiaire de son ministre plénipotentiaire à Bruxelles, le chevalier de Britto, la grand-croix de l’Ordre impérial de la Rose.


Françoise THOMAS

AGUIAR CL., Franklin Távora e o seu tempo, São Paulo, 1997, 381 p.

BARMAN R.J., Citizen Emperor Pedro II and the Making of Brazil, 1825-1891, Stanford, Stanford University press,1999, XVIII-548 p.

BEDIAGA B., « Joining pleasure and work in the making of science : the Jardim Botãnico do Rio de Janeiro - 1808 to 1860 », in História, Ciências, Saúde - Manguinhos, Rio de Janeiro, v. XIV, n°4, Oct.-Dec. 2007, p. 1131-1157.

BETHELL L. , The abolition of the Brazilian slave trade, Cambridge, Cambridge University press, 2009, XVI-425 p. (coll. Cambridge Latin American studies, 6)

DE CARVALHO J.M., Le Théâtre d’ombres : la politique impériale au Brésil (1822-1889), Vic-en-Bigorre, 1990, 204 p.

PORTO-ALEGRE A., Homes illustres do Rio Grande do Sul, Porto Alegre, 1917.

Pedro II d'Alcantara, empereur du Brésil

Pedro d’Alcântara, ou Pedro II du Brésil, né à Rio de Janeiro le 2 décembre 1825, décédé à Paris le 5 décembre 1891. Empereur du Brésil.

Second et dernier empereur du Brésil, Pedro d’Alcântara va régner pendant plus de cinquante-huit ans et transformer son pays en une nation émergente en appliquant comme forme de gouvernement le régime parlementaire et en y développant une prospérité commerciale. Il sera toutefois renversé par un coup d’Etat réalisé par un groupe de militaires soutenu par les républicains le 15 novembre 1889 et partira en exil avec sa famille.

Pedro d’Alcântara avait épousé Thérèse-Christine de Bourbon-Siciles en 1843. Quatre enfants naquirent de cette union.


 

Support : 1 feuille de papier, 1 pli.

Hauteur : 271 mm

Largeur : 209 mm

Cote : 17986/1957