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Lettre à Maurice Leroy, 9 avril 1981

Joan Miró

 

 

Monsieur Maurice Leroy

Académie Royale

Des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts

De Belgique

 

 

 

Monsieur

 

En ayant été malade je vous prie de m’excuser par ce long retard à vous répondre votre lettre que tant m’honore.

 

C’est en effet un très grand honneur pour moi que d’être élu associé par la classe de Beaux-Arts de l’Académie Royale de Belgique

 

Je vous prie de bien recevoir, Monsieur, mes salutations les plus distinguées.

 

 

Miro

Adressé à Maurice Leroy (Secrétaire perpétuel de l’époque), le document repris ci-dessus est le seul signé par Joan Miró en notre possession. Comme indiqué, il venait d’être nommé associé de la Classe des Beaux-Arts, le 8 janvier 1981 pour être tout à fait précis1. Les circonstances de cette élection demeurent inconnues. Au sein de notre institution, le vote est certes secret mais il est habituellement aisé de déterminer par combien de voix l’impétrant a emporté son titre d’académicien. Il n’en est rien ici.

Miró ne fut pas un membre très actif de notre compagnie. On chercherait en vain une quelconque activité de l’artiste pour l’Académie. Il ne semble pas non plus avoir participé aux séances de la Classe des Beaux-Arts. La raison en est sans doute son grand âge : il était à un peu plus de deux ans de son dernier soupir, à l’âge respectable de 90 ans.

1 Bulletin de la Classe des Beaux-Arts, 5e série, tome LXIII, 1981, p. 5.

BONNEFOY Y., Joan Miró, Paris, Bibliothèque des Arts, 1964, 29 p.

BRETON A., Le surréalisme et la peinture, Paris, Brentano’s, 1945, 203 p.

DE KEYSER E., « Éloge de Joan Miró », in Bulletin de la Classe des Beaux-Arts, 5e série, tome LXIX, 1987, p. 246-265.

DUPIN J., Miró, Paris, Flammarion, 1993, 479 p.

LASSAIGNE J., Miró, Lausanne, Skira, 1963, 144 p.

MIRÓ J., Écrits et entretiens, Paris, Daniel Lelong, , 347 p.

PENROSE R., Joan Miró, Paris, Thames & Hudson, 1990, 213 p. (coll. L’univers de l’art, 13 ; traduction par Fabienne Poloni).

RAILLARD G., MIRÓ J., Ceci est la couleur de mes rêves, Paris, Seuil, 1977, 197 p.

Joan Miró

Joan Miró naquit à Barcelone dans une famille commerçante : son père était à la tête d’une bijouterie-horlogerie. Il manifesta un goût précoce pour l’art : il commença à dessiner dès l’âge de 8 ans. Toutefois, sur injonction paternelle, il suivit les cours d’une école de commerce de Barcelone dès 1907, tout en suivant les cours de l’École des Beaux-Arts de la Lonja. Trois ans plus tard, il devint employé aux écritures dans une maison de commerce de Barcelone. Il tomba gravement malade l’année suivante et passa sa convalescence dans une maison de campagne à Montroing, séjour qui marqua toute sa vie artistique, tout autant que son enracinement en terre catalane. De 1912 à 1915, il suivit des études à l’école d’art de Gali (Barcelone). Ses peintures sont alors influencées par le fauvisme. Il lisait d’ailleurs les revues d’avant-garde et les poètes français tels qu’Apollinaire, Reverdy, etc. En 1918, il monta sa première exposition personnelle à Barcelone et se rendit à Paris l’année suivante. Il y rencontra Picasso avec qui il se lia d’amitié. À partir de 1920, il passera les hivers à Paris tandis que les étés se passaient à Montroing. Il assista aux manifestations dadaïstes. Sa première exposition (1921) est un échec complet. Toutefois, son réseau social s’élargissait alors considérablement puisqu’il fréquentait Masson , Reverdy, Tzara et Artaud. En 1924, Il rencontra Breton, Aragon et Eluard et, par la même occasion, rejoignit le groupe des Surréalistes. Un des œuvres les plus connues de cette époque fut Le carnaval d’Arlequin (1925). Les années suivantes, il ne s’en tint pas à la peinture mais explora d’autres voies techniques comme les papiers collés, les eaux fortes, les décors pour spectacles, les costumes etc… Il commença à s’éloigner des surréalistes à partir de la fin des années 20, du fait de différents artistiques mais aussi politiques. Début des années 30, il consacra une partie importante de son temps au collage. La guerre civile espagnole le toucha profondément et il se distingua par son soutien au gouvernement de la République espagnole, notamment avec l’affiche Aidez l’Espagne ou la peinture Le faucheur , peinture murale pour le pavillon de l’Espagne républicaine à l’exposition universelle de Paris (1937). Cela ne l’empêcha pas de rejoindre l’Espagne en 1940 mais il n’eut pas de problèmes graves avec les autorités franquistes. C’est durant le deuxième conflit mondial qu’il acquit son style définitif. Il s’essaya également à la gravure, la céramique et la sculpture. Après le conflit, il se rendit aux États-Unis en 1947 où il effectua (entre autres activités) une peinture murale dans un restaurant de Cincinnati : il était alors devenu un artiste d’envergure internationale. Deux ans plus tard d’ailleurs, on commença à organiser des rétrospectives de ses œuvres, la première ayant lieu à la Kunsthalle de Berlin. En 1954, il participa à la biennale de Venise comme invité d’honneur du pavillon italien : il y reçut le prix international de la gravure.

Deux ans plus tard, il s’installa à Palma de Majorque. Il y disposait de grands ateliers et honora plusieurs commandes d’œuvres monumentales comme de grands murs de céramique pour diverses institutions. Mentionnons celui du Palais de l’UNESCO (Paris) mais il ne faut pas oublier ceux conçus pour l’Université de Harvard, la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence ou encore le Musée Guggenheim à New York.

Il rendit son dernier souffle à Palma de Majorque le 25 décembre 1983.

Support : une feuille de papier

Hauteur : 295 mm
Largeur : 210 mm

Cote : 14984