Chers lecteurs,

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Lettre à Paul Henri Spaak, 19 décembre 1957

The White House

                               Washington

 

Paris,

December 19, 1957.

 

Dear Mr. Secretary-General :

As I leave Paris I want to tell you how much I value the opportunity that I have had to talk with you and to have the benefit of your wisdom and experience in our deliberations during these important meetings which we have just completed. I have greatly enjoyed the personal contacts which  this conference has made possible, and I am more than grateful to you for the many courtesies that you have shown to me.

You have my heart felt good wishes for success in the great and important tasks that lie before the NATO organization.

With warm regard,

Sincerely,

Dwight Eisenhower

Mr. Paul-Henri Spaak,

Secretary-General of the

North Atlantic Treaty Organization,

Paris.

 

[Traduction]

 

The White House

                               Washington

 

Paris,

19 décembre 1957

 

Monsieur le Secrétaire général,

En quittant Paris, je tiens à vous dire combien j'apprécie l'opportunité que j'ai eu de parler avec vous et de bénéficier de votre sagesse et de votre expérience dans nos délibérations lors de ces importantes réunions que nous venons de terminer. J'ai beaucoup apprécié les contacts personnels que cette conférence a rendu possibles et je vous suis plus que reconnaissant pour votre courtoisie.

Je vous adresse mes vœux les plus sincères pour réussir dans les grandes et importantes tâches liées à l’organisation de l’OTAN.

Avec mes sentiments les plus chaleureux,

Cordialement,

Dwight Eisenhower

 

Mr. Paul-Henri Spaak,

Secrétaire général de l’

Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

 

 

Le document ci-dessus a le même sujet que celui mis en évidence il y a quinze jours, à savoir la session ministérielle du Conseil de l’Atlantique Nord qui se déroula à Paris du 16 au 19 décembre 1957 et réunit les chefs d’États et de gouvernements des pays membre de l’alliance. Nous avons vu comme Paul Henri Spaak se dépensa sans compter pour la réussite de cette session qui avait pour but la relance de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Nous avons également constaté les multiples contacts entre le Secrétaire général et le Département d’État qui eurent sans doute pour conséquence la venue d’Eisenhower à Paris. Le président américain semble ici très satisfait du déroulement de cet évènement ainsi que des qualités de Paul Henri Spaak. Il devait peut-être se féliciter de son choix de novembre 1956. En effet, quand l’homme politique belge jugea la situation idéale pour revendiquer une place de Secrétaire général de l’OTAN, il chercha l’appui du président américain. Une rencontre eut lieu le 18 novembre et se déroula au mieux : Eisenhower fit la promesse d’un « appui formel ». Pareil appui ne pouvait qu’être décisif pour Spaak qui hérita du poste convoité moins d’un mois plus tard, le 13 décembre pour être plus précis1.

 

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Dwight David Eisenhower

Né à Denison (Texas) le 14 octobre 1890, décédé à Washington le 28 mars 1969. Il était le troisième des sept enfants d’une modeste famille d’origine allemande et de confession mennonite. Il termina ses études secondaires en 1909 et entra à l’académie militaire de West Point en 1911. Il en sortit quatre ans plus tard avec  le grade de lieutenant. Durant la Grande Guerre, il resta aux États-Unis. Il fut toutefois désigné instructeur dans l’armée blindée. Quand la paix fut revenue, il fut désigné capitaine, grade qu’il occupa 16 ans. En 1926, il fut envoyé à l’école d’état-major de Fort Leavenworth puis à l’Army War College dont il sortit diplômé en 1928. En 1933, sa route croisa celle du Général Mac Arthur : ce dernier l’emmena aux Philippines de 1935 à 1939.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il resta un temps au pays. En 1941, il se fit remarquer par la qualité de son travail lors de manœuvres effectuées en Louisiane. Cela lui valut de rentrer dans l’état-major général comme chef de la division des plans de guerre. Quand le projet d’un débarquement en Europe commença à faire l’objet de discussions entre les Alliés, le général Marshall pensa à lui et lui confia la préparation des opérations. À cet effet, « Ike » s’installa à Londres durant l’été 1942. Il fut toutefois décidé d’un débarquement en Afrique du Nord et le commandement en chef lui fut attribué. Le Maghreb fut libéré en mai 1943 : il dirigea alors le débarquement allié en Sicile et en Italie. En novembre 1943, Roosevelt lui demanda de commander toutes les armées alliées pour le débarquement sur les plages françaises. Effectué le 6 juin 1944, ce dernier ouvrait un deuxième front en Europe, sous la responsabilité d’Eisenhower. Le 7 mai 1945, il reçut la capitulation de l’armée allemande. Il succéda ensuite au général Marshall à la tête de l’armée américaine mais prit sa retraite en 1948. Il sortit toutefois de celle-ci en 1951 lorsqu’il fut appelé pour le commandement suprême des forces alliées de l’OTAN. Le monde politique commençait toutefois à le solliciter et il céda aux sirènes du Parti républicain. Il se présenta aux élections présidentielles de 1952 qu’il remporta grâce à sa popularité et un programme conservateur. Sa réélection fut aussi aisée en 1956. Sur le plan intérieur, il respecta son programme en appliquant le principe de non-intervention de l’État dans les affaires économiques. Il eut la chance de pouvoir compter sur une économie prospère. Conservateur, il éprouva toutefois peu de sympathies pour le maccarthysme. En ce qui concerne la question raciale, il entreprit de faire respecter la décision de la Cour suprême qui ordonnait la déségrégation raciale, tâche peu aisée dans l’Amérique des années 1950 (affaire de Little Rock, 1957). Quant aux affaires étrangères, il les confia entièrement aux soins de John Foster Dulles. Celui-ci dut gérer la guerre froide, le réarmement de l’Allemagne, le containement de la Chine communiste ou encore les négociations relatives à la Corée. Vers la fin de la présidence Eisenhower, une entente avec l’URSS fut recherchée. Le régime castriste advint à Cuba en 1959 et rencontra de suite l’hostilité de l’administration Eisenhower : les relations diplomatiques furent rompues à l’extrême fin de son second mandat. Son discours de fin de mandat (17 janvier 1961) est resté célèbre puisqu’il mettait en garde les Américains contre le complexe militaro-industriel, thématique toujours d’actualité. Il se retira ensuite dans sa ferme de Gettysburg en Pennsylvanie et rédigea ses mémoires.

Support : une feuille de papier

Hauteur : 263 mm
Largeur : 181 mm

Cote : ARB Archives Spaak - caisse 41 - farde 431