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Lettre au roi Louis XVI, 1er janvier 1787

Sire

Je formerai toujours des vœux pour le bonheur de Votre Majesté ; la circonstance du changement d’année en m’offrant une occasion précieuse de lui en renouveler les assurances, me fournit en même temps celle de demander à Votre Majesté la continuation de ses bontés ; je tacherai de les mériter par la reconnaissance, et le profond respect avec lesquels je suis,
Sire
De votre majesté
Très humble et très obéissante
Marie Louise Thérèse de Savoye
La Princesse de Lamballe
À Paris ce premier janvier 1787

Surintendante de la Maison de la reine, il était normal que la princesse de Lamballe conçût la lettre de vœux ci-dessus. Toutefois, on aurait peut-être tort de ne voir dans cette missive que simple convention : nous avons vu que la princesse de Lamballe se dévoua entièrement à la reine Marie-Antoinette et, partant, à la monarchie française, même si la littérature consacrée à la princesse nous dit peu de choses de ses relations avec Louis XVI.

ARNAUD R., La princesse de Lamballe 1749-1792 d’après des documents inédits, Paris, Librairie académique, Perrin et Compagnie, 1911, 402 p.

BERTIN G. Madame de Lamballe d’après des documents inédits, Paris, Ernest Flammarion, 1894 (2e édition), 382 p.

BLUCHE F., Septembre 1792 : logiques d’un massacre, Paris, Laffont, 1986, 268 p. (coll. Les hommes et l’histoire ; préface de Jean Tulard).

CABANÈS, La Princesse de Lamballe intime, d’après les confidences de son médecin, Paris, Albin Michel, 1922, 510 p.

CASTELNAU J., La Princesse de Lamballe, Paris, Hachette, 1956, 219 p.

DE BAECQUE A., « Les dernières heures de la Princesse de Lamballe », in L’histoire, n° 217, janvier 1998, p. 74-78.

DE DECKER M., La Princesse de Lamballe, Paris, Librairie Académique Perrin,1979, 278 p. (préface d’André Castelot).

DE LESCURE, La princesse de Lamballe, Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, sa vie - samort (1749-1792) d’après des documents inédits, Paris, Henri Plon, 1864, 480 p.

FLEISCHMANN H., Anecdotes secrètes de la Terreur, Paris, Les publications modernes, 1908, 190 p.

Mémoires de la Princesse de Lamballe favorite de Marie-Antoinette, Paris, Albin Michel, 1928, 452 p. (introduction Pol André).

ROSNY JEUNE J.H., Les amours tragiques de la première Princesse de Lamballe, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1930, 157 p.

SOREL A.-É., La Princesse de Lamballe, une amie de la Reine Marie Antoinette, Paris, Librairie Hachette, 1933, 239 p. (coll. Figures du passé)

VIRCONDELET A., La Princesse de Lamballe, Paris, Flammarion, 1995, 274 p. (coll. Grandes Biographies).

Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe

Né à Turin le 8 septembre 1749, décédé à Paris le 3 septembre 1792. Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan était le cinquième enfant de Louis Victor de Savoie-Carignan et de Catherine de Hesse Rheinfeld-Rothenburg1. Elle eut une enfance paisible à Turin et se distingua par sa gentillesse et son obéissance. Le duc de Penthièvre, fils unique du comte de Toulouse, lui-même fils légitimé de Louis XIV et Madame de Montespan, la remarqua et songea à elle pour un mariage avec son seul fils encore en vie, le prince de Lamballe. Le mariage fut conclu le 17 janvier 1767 et s’avéra stérile et malheureux. Le fils du très pieux duc de Penthièvre était en effet un grand libertin, aussi précoce que dépourvu de limites. Il n’avait de cesse en effet de fréquenter assidûment tant les prostituées que les femmes les plus distinguées. Sa santé s’en altéra : victime sans doute d’une maladie vénérienne, il rendit son dernier soupir en 1768 à un peu plus de 20 ans.
Le duc de Penthièvre, vivement peiné de cette perte, prit sous son aile la jeune veuve. Celle-ci fréquenta ensuite la cour de France. Elle fit la connaissance de la dauphine Marie-Antoinette et, d’emblée, tomba sous son charme. Durant les années qui suivirent, leurs liens s’approfondirent encore et la princesse de Lamballe devint bien vite la favorite de la future reine. Cette relation provoqua la rumeur au sein de la cour dont certains membres trouvaient leur amitié excessive. Plus tard, les pamphlets ne manquèrent pas d’accuser de saphisme les deux femmes et cela d’autant plus que Marie-Antoinette ne donnait toujours aucun descendant à son mari.
Les faveurs de Marie-Antoinette - devenue reine entretemps - permirent à la princesse de devenir surintendante de la maison de la souveraine, ce qui provoqua bien des jalousies à la cour. En fait, elle s’acquitta bien mal de cette charge, ce qui ne manqua pas d’agacer la reine. Celle-ci se lassa d’ailleurs de la princesse et se rapprocha de la duchesse de Polignac qui devint bien vite la nouvelle favorite. Marie-Thérèse en conçut un grand chagrin : déjà sujette à des évanouissements, ces derniers eurent tendance à se multiplier, provoquant l’hilarité de la cour. La princesse ne visita plus celle-ci qu’autant de fois que sa charge l’exigeait. Elle s’enferma chez elle, attendant un hypothétique retour en grâce et tentant de soigner sa santé délabrée. Celle-ci ne l’empêcha pas d’être initiée à la Franc-maçonnerie, devenant même grande maîtresse le 10 janvier 1781.
La Révolution française survint et rapprocha la reine de la surintendante. Quand la famille royale fut ramenée à Paris en octobre 1789, la princesse de Lamballe rejoignit la cour. Elle n’était assurément pas consciente des menaces qui pesaient sur la monarchie et négligeait les rumeurs saphiques à son sujet, toujours d’actualité en 1789. La fuite du roi et de la reine en juin 1791 et leur arrestation à Varennes heurta la princesse qui n’avait été mise au courant de rien. Elle décida de fuir et débarqua en Angleterre le 23 juin 1791. Elle revint sur le continent rapidement et on la vit à Bruxelles puis à Aix-la-Chapelle où se trouvaient la majeure partie des émigrés. Elle y appréciait les mondanités et ne manquait pas de se rendre également à Spa où se rencontraient les plus illustres contre-révolutionnaires européens. Elle correspondait toujours avec la reine qui lui demanda de revenir avant de se raviser aussitôt. C’était trop tard : n’écoutant que son dévouement toujours aussi ardent, la princesse de Lamballe revint à Paris et rejoignit le couple royal aux Tuileries. Déjà impopulaire pour ses prétendues relations homosexuelles avec « l’autrichienne », on commença à la voir comme un agent de la contre-révolution, et cela d’autant plus qu’elle ne cachait pas sa volonté de travailler au rétablissement de la monarchie. Les journées tumultueuses d’août 1792 arrivèrent et le roi et son entourage (y compris la princesse) furent arrêtés. Durant la nuit du 19 au 20 août, elle fut séparée de la reine et transférée à la prison de la Force. Le duc de Penthièvre et son médecin tentèrent de la soustraire à l’attention de ses geôliers, en vain. Des rumeurs de complots contre-révolutionnaires au sein des prisons survinrent ensuite : des massacres commencèrent le 2 septembre. La princesse fut interrogée le lendemain et exécutée immédiatement. Les circonstances de sa mort furent l’objet de spéculations les plus scabreuses : on prétendit en effet qu’après avoir reçu un coup derrière la tête, elle tomba et fut achevée à coups de piques. La tête aurait été coupée, mise au bout d’une pique et, après une toilette, présentée au roi et à la reine par une foule en liesse. Le corps quant à lui aurait été mis à nu, le ventre ouvert jusqu’à la poitrine pour en extraire divers organes. Un sans culotte aurait également trouvé amusant d’utiliser une partie du pubis de la princesse comme moustache, etc… Dans la réalité, tout cela ne constitue qu’une fable : le corps ne fut sans doute ni mis à nu, ni outragé de la sorte. Il faut replacer ce récit épouvantable dans le contexte de l’époque : il s’agissait alors de rassurer les hommes allant combattre les Prussiens, de donner une réponse à la rumeur du complot. Cette légende fut reprise par les royalistes, trop heureux de souligner ainsi la barbarie de leurs adversaires2.


1 Pour cette notice, nous nous sommes principalement inspiré de l’ouvrage d’Alain Vircondelet (cf. orientation bibliographique).

2 DE BAECQUE A., «  Les dernières heures de la Princesse de Lamballe  », in L’histoire, n° 217, janvier 1998, p. 74-78.

Lettre
Support : une feuille de papier

Hauteur : 319 mm
Largeur : 205 mm

Cote : 19346/2629

Premier portrait
Hauteur : 314 mm
Largeur : 215 mm

Marie - Thérèse - Louise de Savoie - Carignan. Princesse de Lamballe + 1792.
Tableau du Temps. ; Gravé par Weber

Cote : 19346/2629

Second portrait
Hauteur : 272 mm
Largeur : 179 mm

M.me la P.esse de Lamballe.
Imp. lith. de Delpech.

Cote : 19346/2629

Illustration de l’exécution de la princesse de Lamballe
Hauteur : 139 mm
Largeur : 205 mm

Mort de Madame de Lamballe

Cote : 19346/2629